31/10/2011 Observation d'élections
L’APCE, l’AP OSCE, le PE et l’OSCE BIDDH ont fait aujourd’hui la déclaration commune suivante :
Strasbourg, 31.10.2011 – L’élection présidentielle au Kirghizstan s’est déroulée dans le calme, mêmes si certaines insuffisances soulignent la nécessité d’améliorer l’intégrité du processus électoral pour consolider la pratique démocratique, conformément aux engagements internationaux, selon les conclusions diffusées aujourd’hui par les observateurs internationaux.
Les observateurs ont relevé que tous les candidats qui le souhaitaient ont pu s’inscrire, ce qui offrait un large choix aux électeurs, et que la campagne a été ouverte et a respecté les libertés fondamentales. Ces éléments positifs ont été assombris par d’importantes irrégularités le jour du scrutin, en particulier lors du décompte et de la compilation des votes. Des mesures devraient être prises pour améliorer les listes électorales, modifier la législation électorale et renforcer le déroulement du scrutin.
« Malgré les anomalies dans les listes électorales et lors de la compilation des votes, nous sommes d’un optimisme prudent quant à l’avenir de la démocratie au Kirghizistan. Un gros travail reste à faire à tous les niveaux pour que le pays soit à la hauteur de ses engagements en ce qui concerne la tenue d’élections démocratiques » a déclaré Walburga Habsburg Douglas, Coordinateur spécial de la mission d’observation à court terme de l’OSCE et Chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE.
« Nous estimons que cette élection est essentielle pour l’avenir du pays et la poursuite de sa coopération avec l’Union européenne. Globalement, notre délégation a jugé positivement le déroulement des opérations le jour du scrutin, mais nous tenons à souligner qu’il est nécessaire d’améliorer le système d’inscription des électeurs pour renforcer la confiance de la population dans le système électoral » a indiqué Inese Vaidere, Chef de la délégation du Parlement européen.
« Il était important que la population de la République kirghize ait la possibilité d’exprimer son choix de manière pacifique et ordonnée. J’espère que cette élection marquera une nouvelle étape permettant de briser le cercle vicieux de la corruption, du non-respect de l’Etat de droit et des tensions ethniques. Nous appelons tous les acteurs politiques à continuer de faire tout leur possible pour assurer la stabilité du pays en protégeant les droits fondamentaux de tous les citoyens et en respectant les principes démocratiques » a ajouté Nursuna Memecan (Turquie, ADLE), Chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
« Cette élection a montré clairement qu’une action de fond s’impose pour garantir l’intégrité du scrutin, du dépouillement et de la compilation des votes. Cela est essentiel pour consolider la pratique démocratique. La transparence totale du fonctionnement de la Commission électorale centrale renforcerait de manière significative la confiance à l’égard des élections », selon Corien Jonker, Chef de la mission d’observation des élections du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE (BIDDH).
Le scrutin, qui s’est déroulé dans le calme et sans violence, a été dans l’ensemble jugé positivement par les observateurs. Un grand nombre d’électeurs ne figuraient pas sur les listes électorales ; de plus, un certain nombre de cas de bourrage d’urne, de personnes votant plusieurs fois, de vote familial, d’achat de votes et de transport d’électeurs ont été constatés. La situation s’est détériorée lors du dépouillement et de la compilation des votes et a été jugée négative dans un nombre important de bureaux de vote. Dans un certain nombre de cas, les procès-verbaux ont été modifiés ou complétés par des commissions de niveaux supérieurs. De nombreux observateurs n’ont pas pu suivre le dépouillement et la compilation des résultats en toute liberté.
La publicité électorale a fourni aux électeurs une grande diversité d’informations, mais la plupart des radios et télévisions se sont abstenues de faire preuve d’indépendance éditoriale dans la couverture de la campagne, limitant ainsi la capacité des électeurs à faire un choix éclairé.
La Commission électorale centrale a fait un travail satisfaisant, mais si elle a manqué de transparence, ses sessions se tenant à huis clos ; elle a parfois limité l’information, refusé de divulguer les mesures de sécurité du scrutin et interdit que l’impression des bulletins soit observée pour des raisons de sécurité.
L’absence de politiques d’intégration et la lenteur des progrès réalisés pour améliorer la sécurité dans les zones habitées par des minorités nationales ont créé un sentiment général d’appréhension et d’isolement dans ces communautés et limité leur participation à la campagne.
Pour de plus amples informations :
Jens-Hagen Eschenbächer, OSCE/ODIHR, +996 779842348 ou +48 603 683 122, [email protected]
Neil Simon, AP OSCE, +996 779842358 ou +4560108380, [email protected]
Ivi-Triin Odrats, APCE, +996 779842352 ou +33662462979, [email protected]
Valerie Ramet, PE, +996 778809166, [email protected]