15/12/2011 Migrations, protection internationale et coopération économique
Strasbourg, 15.12.2011 – « La situation humanitaire dans la région de Gali a maintenant atteint un tournant, mais reste à savoir si ce tournant est pour le meilleur ou pour le pire, et cela dépend de toutes les parties prenantes », a déclaré Tina Acketoft (Suède, ADLE), rapporteur de la Commission des migrations de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), qui s'exprimait au terme d'une visite de quatre jours en Géorgie, notamment à Tbilissi, Gali et Soukhoumi. La visite d'information s’est déroulée dans le cadre de la préparation de son rapport « Suites des conséquences humanitaires de la guerre entre la Géorgie et la Russie : la situation humanitaire dans les régions touchées par la guerre ».
Selon Mme Acketoft, « pour les points positifs, la situation s'est améliorée concernant la sécurité. Il y a moins d’incidents liés à la sécurité autour de la ligne de démarcation administrative, les rues sont plus sûres et des mesures efficaces ont été prises pour lutter contre le racket et la corruption dans la région de Gali. Cela est encourageant, même s'il reste encore beaucoup de progrès à faire ».
«Pour les points négatifs, la situation des enfants et leur éducation restent très préoccupantes, en particulier celle des enfants d'origine ethnique géorgienne », a-t-elle poursuivi. « Les enfants devraient pouvoir être éduqués dans leur langue maternelle, en particulier pendant les années de formation, que ce soit le géorgien, l’abkhaze, le russe ou l’arménien. Au minimum, ils devraient par la suite avoir l'occasion d'apprendre correctement leur langue maternelle, si ce n'est de faire des études dans cette langue », a-t-elle ajouté. « Cela n'est pas politique, c'est tout simplement dans l'intérêt supérieur de l'enfant. »
Mme Acketoft a indiqué que « tout n’est pas noir » dans la région de Gali, soulignant la perspective de l’ouverture de points de passage officiels supplémentaires sur la ligne de démarcation administrative. « De tels points de passage contribueraient grandement à l'amélioration de la vie quotidienne des gens dans la région, en termes d'accès à leur famille, à des soins médicaux et à des possibilités d'emploi », a indiqué la rapporteuse. « Pour d'autres, cela leur donnerait accès à l'éducation, à des droits à pension et autres droits. »
« Les problèmes humanitaires ne se limitent pas à la seule région de Gali », a également fait remarquer Mme Acketoft. « Des mesures de confiance s'imposent pour toute la région, sans lesquelles il sera difficile de résoudre tous les problèmes humanitaires. Une initiative qui pourrait grandement contribuer à construire la confiance serait de faire réellement des efforts pour résoudre le problème des personnes disparues. Il y a quelques perspectives de progrès dans ce domaine et il faut les encourager. »