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Libérer les otages de la crise financière doit devenir une priorité pour l’Europe

"D’un point de vue économique, les coupes dans les dépenses publiques, la sécurité sociale ou les salaires ne sont pas efficaces contre la crise actuelle parce qu’elles touchent en particulier ceux qui perçoivent les plus bas salaires, les personnes sans emploi, les retraités et autres groupes sociaux ayant besoin d’une protection spéciale – les enfants, les personnes âgées et handicapées, les migrants", a souligné Andrej Hunko (Allemagne, GUE), rapporteur sur ce sujet, lors d’une audition sur la crise et ses effets, organisée par la Commission des questions sociales le 22 mars à Paris. .

"Ces mesures, dites d’austérité, ne font que limiter encore leur capacité de consommation et leurs moyens de subvenir à leurs besoins par eux-mêmes. Elles constituent ainsi une réelle menace pour la démocratie et les droits sociaux", a-t-il ajouté. Selon le rapporteur, une réorientation des programmes d’austérité vers la croissance économique, un nouveau impôt sur les revenus élevés et sur les transactions financières sont autant de mesures mieux adaptées pour atteindre un équilibre budgétaire.

Selon Luca Volontè (Italie, PPE/DC), rapporteur sur 'la jeune génération sacrifiée : conséquences sociales, économiques et politiques de la crise financière', le principal défi à relever consiste à libérer les premiers otages de la crise financière, la jeune génération. Il estime qu’elle marque l’émergence d’une série de problèmes structurels dans la société : une érosion de l’accès à l’emploi, au logement et aux prestations sociale, l’impossibilité de poursuivre leurs études dans la filière de leur choix, l’émigration de jeunes hautement qualifiés vers des économies plus dynamiques. "L’absence totale d’espoir, d’accès aux emplois et aux avantages sociaux pourrait bien causer la frustration et mener à la violence contre les autorités", a-t-il mis en garde.

Sir Alan Meale (Royaume-Uni, SOC), rapporteur sur 'l’impact de la crise économique mondiale sur les pouvoirs locaux et régionaux', a souligné l’importance de veiller à la protection des droits sociaux fondamentaux dans la prise de décision relative à l’allocation des budgets locaux ou du transfert intergouvernemental de ressources aux collectivités locales ou régionales. "Par ailleurs il faut, en période de crise, lorsque les autorités sont confrontées à des obligations accrues en matière de services et d’aide aux foyers qui sont dans le besoin, adapter les budgets locaux et régionaux conformément à l’article 9 de la Charte européenne de l’autonomie locale. Les réformes nécessaires relatives aux finances locales et régionales doivent viser leur viabilité afin de renforcer leurs capacités de fournir des services de qualité à leurs citoyens," a rappelé Sir Meale.