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Quand ils se déplacent, les Roms sont victimes d’une double stigmatisation

Strasbourg, 01.06.2012 – Quand ils se déplacent, les Roms sont victimes d’une double stigmatisation, d’abord parce qu’ils constituent une minorité persécutée et brimée, ensuite parce qu’ils sont des migrants, relève la Commission des migrations de l’APCE.

Dans un projet de recommandation approuvé aujourd’hui à Paris et inspiré d’un rapport d’Annette Groth (Allemagne, GUE), la commission souligne que cette stigmatisation se « fonde sur trois préjugés fortement ancrés, à savoir que tous les Roms sont des nomades, qu’ils viennent tous de l'étranger et que leur migration est illégale ».

La commission tient à préciser que ces trois préjugés sont totalement injustifiés : aujourd’hui, moins de 20 % des Roms sont des nomades ; cette population fait partie de la société européenne depuis près de 700 ans et la plupart de ses membres ont le droit de se déplacer en Europe en vertu de la législation de l’UE relative à la liberté de circulation.

Le Conseil de L’Europe devrait examiner dans quelle mesure les Roms sont concernés par les lois érigeant la mendicité en infraction et chercher à déterminer si cette population est touchée par la traite et/ou y prend part. Il conviendrait par ailleurs de lutter contre les stéréotypes négatifs véhiculés dans les médias et le discours politique au sujet des Roms.

Dans l’intervalle, les Etats membres du Conseil de l’Europe sont vivement invités à « mettre fin aux actes qui s'apparentent à des expulsions collectives de Roms » et à suspendre les renvois de Roms au Kosovo jusqu’à ce qu’il soit démontré que ces renvois ne posent pas de problème de sécurité et sont viables.