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Giacomo Santini : ‘L’Europe doit être fidèle à sa vocation de terre d’asile’

A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, Giacomo Santini (PPE/DC), Président de la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées de l’APCE, a fait aujourd’hui la déclaration suivante :

« De tout temps, des conflits à travers le monde forcent des millions de personnes à fuir leur pays.

En tant que responsables politiques nous entendons souvent nos concitoyens dire que l’Europe ne peut pas recevoir tous les réfugiés de la terre. Ils ont raison, bien sûr, et c’est d’ailleurs loin d’être le cas. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de la moitié des réfugiés se trouvent en Asie et près de 20% en Afrique.

L’Europe doit être fière de sa vocation de terre d’asile et de sa tradition d’accueil. Pour y rester fidèle, elle ne devrait pas être à la traîne par rapport au reste du monde et ainsi manquer à ses responsabilités.

Notre continent doit aussi faire preuve d’une plus grande solidarité envers les autres régions du monde. Les programmes de réinstallation menés par le HCR sont un mécanisme efficace pour assurer une meilleure répartition de la charge et pour faire preuve d’une plus grande solidarité. Or, en 2010, les Etats européens n’ont réinstallé que 5 824 réfugiés alors que les Etats-Unis en ont réinstallé 54 077 et le Canada à lui seul 6 732. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’Europe peut mieux faire.

Aux portes de l’Europe, l’actualité sanglante en Syrie est une cause de profonde inquiétude. Alors que nous n’avons de cesse de condamner ces atrocités, nous assistons à une catastrophe humanitaire dont sont aussi victimes des milliers de réfugiés. Cette situation a des implications directes pour la Turquie et les autres Etats voisins de la Syrie, mais le reste de l’Europe est aussi concerné.

La Turquie a su faire preuve d’une grande générosité en maintenant, depuis le début du conflit, une politique de frontière ouverte à tous les réfugiés syriens. Aujourd’hui, plus de 27 000 syriens y ont trouvé refuge. Ces réfugiés, comme tant d’autres, ne souhaitent pas quitter leur pays : ils n’ont pas le choix ! Ils n’ont d’ailleurs qu’une hâte, c’est de pouvoir retourner chez eux, en toute sécurité.

En cette journée, j’appelle l’Europe à faire preuve d’une plus grande solidarité face à la douleur et aux besoins des réfugiés. On ne peut pas s’attendre à ce qu’un pays, ou quelques uns – qu’il s’agisse de la Turquie, de la Grèce, de l’Italie ou de Malte - répondent seuls à ce défi. »