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L’Europe a besoin de la jeunesse pour croître et prospérer, déclare Luca Volontè à Saint-Pétersbourg

Strasbourg, 23.09.2012 - Il ne faut pas considérer les politiques de jeunesse et l’investissement dans le capital humain comme des dépenses sociales, mais comme un placement à moyen et à long terme dans la croissance des différents pays et du continent européen tout entier. L’Europe a besoin de la jeunesse pour croître et prospérer. Cela peut sembler aller de soi, mais malheureusement les politiques à court terme prédominent de nos jours dans beaucoup de pays européens », a souligné aujourd’hui Luca Volontè (Italie, PPE/DC) à l’occasion de la manifestation sur « l’accès des jeunes aux droits : élaboration de politiques de jeunesse innovantes », organisée pour les jeunes à Saint-Pétersbourg.

« L’Europe met en péril son avenir en raison de sa propre myopie et de son incapacité à tourner ses regards vers le « jour d’après ». Nous courons ainsi le risque de rogner les ailes des jeunes, alors même qu’ils sont les plus éveillés et qu’ils ont davantage le désir de s’engager et de créer que pendant le reste de leur vie », a-t-il ajouté. Il a rappelé que la crise actuelle en Europe avait notamment ceci de préoccupant qu’elle coïncidait avec une crise démographique. « Dans nombre de pays européens, le montant total des pensions est bien plus élevé que les recettes provenant des cotisations sociales de la population active. Un nombre toujours plus réduit de gens doivent subvenir à des besoins de pensions de plus en plus lourds, car l’espérance de vie augmente et le taux de natalité baisse. Le ralentissement de la croissance du PIB et le vieillissement de la population conduisent à un déséquilibre des dépenses sociales. De plus, on constate surtout en Italie, en Allemagne et en France que les taux de natalité et de chômage sont d’ores et déjà étroitement corrélés », a-t-il relevé.

« Les jeunes constituent une ressource considérable pour l’Europe. Quelles conséquences aura donc le vieillissement ? Il aura des effets sensibles sur l’organisation sociale, les catégories managériales, les structures politiques et la culture de nos sociétés. A moins d’un renversement de tendance, nous devrons annoncer une sorte d’euthanasie démographique. Pour faire face au déclin démographique en Europe, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe invite les gouvernements à agir et notamment à adopter des politiques innovantes pour soutenir les jeunes et les familles. Pour progresser et prospérer, l’Europe doit réactiver la solidarité intergénérationnelle et mieux partager le pouvoir politique, social et économique avec les jeunes générations », a souligné M. Volontè.

Je suis heureux du mouvement des « Indignés » en Amérique du Nord et en Europe. Il y a quelques mois encore, ce mouvement prenait des proportions de plus en plus importantes. Il doit sa durée et sa diffusion à l’apparition des nouveaux réseaux sociaux qui offrent un soutien direct de bas en haut aux chômeurs et aux familles. Alors que les régimes publics de protection sociale connaissent des faiblesses et souffrent de coupes budgétaires, un nouveau type de cohésion sociale est en train d’être créé par une solidarité « active » qui découle de la lutte contre les inégalités, et qui est inspiré par un sens de la justice plus aiguisé, a-t-il déclaré.

L’orateur a conclu en soulignant qu’il importe d’éviter de considérer la rigueur budgétaire et le soutien de la jeunesse comme des tabous divisant les gouvernements, les écoles de pensée et les familles politiques. Le message d’Edgar Morin et de Stéphane Hessel, les deux philosophes les plus proches des récents mouvements de la jeunesse, est plus profond et plus radical : « il est temps d’instaurer une économie sociale fondée sur la solidarité ». Cette position fait écho à la sagesse de Joseph Ratzinger qui plaide pour plus de justice sociale. Cette pensée, je crois bien que nous la partageons tous. Elle découle de l’analyse simple, mais puissante faite par Benoît XVI l’année dernière à Madrid. « Si la jeunesse d’aujourd’hui ne voit pas s’ouvrir de perspectives de vie, notre présent se trompe et est indéfendable ». Il convient d’œuvrer pour une vie meilleure – alliant respect de la dignité et prospérité partagée par tous », a conclu M. Volontè.