27/09/2012 Migrations, protection internationale et coopération économique
Strasbourg, 18.09.2012 – « La crise économique renforce la vulnérabilité déjà considérable des migrants en situation irrégulière et génère encore plus de candidats à ce type de migration. Actuellement, sur les quelque 20,9 millions de personnes prisonnières du travail forcé dans le monde, près de la moitié sont des migrants. La traite des êtres humains touche la quasi-totalité des pays du globe, que ce soit en tant que pays d’origine, de transit ou de destination », a indiqué Mme Annette Groth (Allemagne, GUE), rapporteure sur la traite des travailleurs migrants à des fins de travail forcé à la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées de l’APCE lors de sa réunion tenue à Paris le 14 septembre.
Pendant plusieurs années, a-t-elle ajouté, les travaux relatifs à la traite des êtres humains se sont concentrés sur l’exploitation sexuelle. « Il importe de prendre en compte toutes les formes de traite à des fins d’exploitation du travail, qui touche aussi les secteurs agricole et manufacturier, ceux de l’hôtellerie et de la restauration, les industries du bâtiment et du textile, ainsi que les services domestiques et la mendicité organisée », a-t-elle souligné.
Les experts ont attiré l’attention de la commission sur le fait que dans le même temps, de nombreux travailleurs en situation irrégulière travaillaient dans des conditions médiocres, mais que cette situation ne pouvait et ne devait pas être assimilée à de la traite des êtres humains. Du reste, la traite des migrants à des fins de travail forcé est presque systématiquement envisagée par les autorités à travers le prisme du contrôle des migrations. Une telle approche, bien que largement involontaire, a des conséquences très graves pour les migrants en situation irrégulière. Ils risquent d’être expulsés sans jouir d’aucun droit, alors que s’ils étaient considérés comme des victimes potentielles de l’exploitation, ils pourraient au moins bénéficier d’une forme de protection, ont conclu les experts.