03/10/2012 Session
Strasbourg, 02.10.2012 – L’impunité pour les attaques sur des migrants représente un danger pour la démocratie dans les pays du Conseil de l’Europe, selon les participants à une audition de la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées de l’APCE, avec des représentants d’Amnesty International (AI) et de Human Rights Watch (HRW), qui a eu lieu à Strasbourg.
D’après la représentante d’Amnesty, l’escalade de la violence, notamment des attaques à caractère raciste, sur des migrants en Grèce appelle une réponse urgente, qui se fait encore attendre. Human Rights Watch souligne que la police s’est montrée largement incapable de réagir efficacement pour protéger les victimes et mettre la main sur les responsables. Au contraire, selon les deux ONG, l’impunité dans ces affaires d’agression, qu’elle provienne des agents des services répressifs ou autres, est un aspect important du problème, la peur réduisant de nombreuses victimes au silence.
Les deux ONG ont exprimé leur inquiétude face à la montée des sentiments hostiles aux immigrés, alimentée par le contexte actuel de profonde crise économique dans certains secteurs de la société. Elles estiment particulièrement inquiétantes les indications selon lesquelles des membres ou des sympathisants du parti de l’Aube dorée en Grèce seraient impliqués dans des violences xénophobes.
HRW exprime aussi sa préoccupation face à la violence dirigée contre les migrants en Italie. « Dans notre rapport sur L’intolérance au quotidien, axé sur les migrants, les Italiens d’origine étrangère et les Roms, nous avons établi la réalité non seulement des agressions, mais aussi d’un climat d’intolérance pesant, alimenté par un discours raciste et xénophobe public », selon la représentante de HRW.
Les ONG et les participants à l’audition ont déclaré qu’ils ont bien conscience de la pression migratoire très forte qui pèse à la fois sur la Grèce et l’Italie et se sont félicités des mesures prises pour mettre un terme aux agressions racistes et xénophobes.
Selon AI et HRW, d’autres mesures pourraient être prises, par exemple :
• la conduite systématique d’enquêtes rapides, complètes, indépendantes et impartiales en cas de violences à caractère raciste et d’autres crimes de haine ou liés à la discrimination ;
• la mise en place d’un système spécial de recensement et de surveillance des incidents racistes et des crimes de haine qui recoupe les informations des ONG, des hôpitaux et d’autres organes concernés ;
• la formation des forces de l’ordre.