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Les crises économiques font le lit des ennemis de la démocratie, explique le Président de l’APCE

Strasbourg, 08.10.2012 - « La démocratie ne peut se passer de marchés dynamiques et prospères. Ce sont les crises économiques qui font le lit des ennemis de la démocratie, » a rappelé aujourd’hui le Président de l’APCE à l’ouverture de la session plénière « Les marchés ont-ils besoin de la démocratie et réciproquement ? » du Forum mondial de la démocratie.


« Pour autant, la démocratie est difficilement compatible avec des marchés non régulés. Or, l’exemple des marchés financiers montre, si besoin était, leur incapacité à s’auto réguler. (..) Cette régulation est en effet complexe dans une économie mondialisée, mais où le pouvoir politique reste encore largement au niveau national, » a déclaré Jean-Claude Mignon.

« Mais comment opérer des transferts de souveraineté à un niveau supra national sans que les citoyens aient le sentiment d’une démocratie affaiblie ? Une piste peut être, en effet, de renforcer le rôle des parlements nationaux tout en augmentant celui des instances supranationales. Plus de démocratie à tous les niveaux », a-t-il ajouté.

« A court et moyen terme, le développement économique peut en effet se faire sans démocratie. Mais ce supposé ‘modèle’ n’est pas tenable à long terme car il s’accompagne de formidables inefficacités : faible prise en compte des questions environnementales, corruption massive et, corrélativement, absence d’État de droit. Il ne peut y avoir d’État de droit si la règle peut être tournée via un pot de vin ! Et l’absence d’État de droit constitue un formidable obstacle au développement économique. Et, aussi, difficulté croissante à gérer les contradictions générées par une très forte croissance et les formidables inégalités qui en résultent. (…) La conciliation des marchés et de la démocratie est donc essentielle et en réalité un atout, » a conclu le Président de l’APCE.