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Vers une démocratie plus représentative des citoyens

Strasbourg, 10.10.2012 – « Les citoyens doivent avoir leur mot à dire dans la conduite des affaires publiques, pas seulement une fois tous les quatre ou cinq ans, mais quotidiennement », a déclaré aujourd’hui à Strasbourg le Président de l’APCE, Jean-Claude Mignon, à l’ouverture d’une table ronde ouverte au public, sur le thème « La démocratie représentative est-elle en crise ? », dans le cadre du Forum mondial pour la démocratie. « Les citoyens dans les pays affectés par la crise se sentent de plus en plus dépossédés du pouvoir de décision », a-t-il ajouté, en soulignant la nécessité de « rapprocher les institutions de la démocratie représentative des citoyens ».

« La communication entre les élus et les citoyens a besoin d’être renforcée, en exploitant tous les canaux possibles tels qu’Internet, les réseaux sociaux, les chaînes de télévisions parlementaires, et les associations de la société civile », a-t-il précisé. En même temps, afin de restaurer la confiance du public dans les institutions politiques, et face au pouvoir grandissant des instances supranationales, « les parlements nationaux doivent renforcer leur rôle pour assurer un équilibre, avoir une marge de manœuvre plus grande en matière d’initiative législative, et attacher une importance primordiale au contrôle de l’action des gouvernements », a déclaré le Président Mignon.

Pour Anne Brasseur (Luxembourg), Présidente du Groupe ADLE (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe), « la démocratie n’est jamais acquise ; elle se reconstruit et s’adapte perpétuellement – c’est ce qui fait la force principale de ce système ». « Si la démocratie est en crise, la réponse à cette crise ne sera ni populisme, ni dictature, mais encore plus de démocratie, de liberté et de solidarité », a-t-elle déclaré. Le constat selon lequel les institutions politiques, surtout supranationales, européennes, seraient déconnectées des citoyens, est erroné selon elle, car la plupart des organes de l’UE sont démocratiquement élus. Mme Brasseur réfute également le constat d’un manque d’intérêt porté au processus politique et la baisse de participation des citoyens : « la société civile, qui participe d’ailleurs massivement à ce Forum, n’a jamais été aussi engagée dans la vie publique et aussi écoutée par les décideurs qu’aujourd’hui », a-t-elle souligné.

Andreas Gross (Suisse), Président du Groupe Socialiste et auteur du rapport sur « La crise de la démocratie et le rôle de l’Etat dans l’Europe d’aujourd’hui », estime quant à lui, qu’on ne peut envisager de démocratie sans représentativité des citoyens. « Pour revitaliser la démocratie, il est indispensable d’introduire des éléments de démocratie directe à l’échelon régional et local, et favoriser une participation plus riche des citoyens, en leur donnant la possibilité de faire évoluer les législations et d’engager un dialogue plus actif avec les parlementaires, qui peuvent de ce fait mieux les représenter ». Par ailleurs, « pour donner vigueur à la démocratie et surmonter les crises actuelles, la construction de cette démocratie ne peut se poursuivre qu’à l’échelon supranational », a-t-il ajouté.

« Plus de démocratie sera toujours le meilleur remède quand la démocratie est en crise », a souligné Tiny Kox (Pays-Bas), Président du Groupe pour la gauche unitaire européenne (GUE). « Malheureusement, nous voyons souvent les choses évoluer en sens inverse. Lorsque les pouvoirs sont critiqués sur le fait que leur démocratie ne fonctionne pas bien et ne réponde pas aux normes internationales, ils réagissent souvent en limitant le droit à la liberté d'expression et de manifestation », a-t-il déclaré. « Il est peut-être trop tôt pour dire si la démocratie prévaudra. Néanmoins, cela vaut la peine de se battre pour la faire prévaloir, car sans démocratie, les droits de l'homme ne peuvent être protégés, et la civilisation ne peut se développer de manière humaine », a conclu M. Kox.