18/12/2012 Migrations, protection internationale et coopération économique
Strasbourg, 18.12.2012 – « Il y a de nombreux visages qui ne viennent jamais sous les feux de la rampe. Celui du Père Zeraï est l’un d’entre eux », a déclaré Giacomo Santini (Italie, PPE/DC), Président de la Commission des migrations de l’APCE, à l’occasion de le Journée internationale des migrants. « C’est un prêtre tranquille, modeste, qui a sauvé de nombreuses vies en Méditerranée, en alertant les services de secours et de recherche quand des bateaux pleins de migrants et de demandeurs d’asile étaient en danger. J’ai de nouveau pensé à lui, et à d'autres comme lui, ce week-end, lorsqu’encore une fois un petit bateau a fait naufrage au large de l’île grecque de Lesbos. Vingt Irakiens seraient morts noyés. Malheureusement, cette fois-ci, il n’y avait pas de Père Zeraï pour avertir les garde-côtes de la catastrophe imminente. »
« Comble de l’ironie », a déclaré le Président de la commission, « l’intervention la plus connue du Père Zeraï n’a pas réussi à sauver la vie de 63 personnes à bord d’un bateau en route pour l’Europe après avoir quitté la Libye dans le cadre d’un épisode qui a fait la une de nombreux journaux et que l’on a appelé le 'bateau de ceux que l’on a laissé mourir'. Cette affaire a fait l’objet d’une enquête approfondie de la part de l’APCE dans le rapport sur les 'Vies perdues en Méditerranée', paru au début de cette année et qui demandait qui était responsable. Etaient-ce les Etats, les navires de guerre, le transport maritime privé, le droit maritime international, les services de recherche et de secours, les trafiquants, les contrebandiers,… ? »
Giacomo Santini a conclu en disant : « En cette Journée internationale des migrants, nous devons nous demander si nous en avons fait assez pour mettre un terme à ces morts en mer. Le week-end dernier c’étaient 20 irakiens, le week-end prochain ce pourraient être 20 Syriens fuyant le conflit qui ne cesse de s’envenimer en Syrie. A la prochaine occasion, y aura-t-il un Père Zeraï à l’autre bout d’un téléphone pour les aider ? »