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« Un monde sûr et juste pour les femmes et les filles est un monde sans mutilations génitales féminines »

Déclaration commune faite à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro face aux mutilations sexuelles féminines par José Mendes Bota (Portugal, PPE/DC), rapporteur général sur la violence à l'égard des femmes, et par Marlene Rupprecht (Allemagne, SOC), rapporteure générale sur les enfants de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE)

Strasbourg, 06.02.2013 – « Les mutilations génitales féminines constituent une forme grave de violence à l’égard des femmes et des filles, comme le souligne la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul, STCE n° 210). A l’échelle mondiale, ce sont chaque année trois millions de femmes et de filles qui sont soumises à cette violation de leur intégrité physique. En Europe, on estime que 500 000 femmes et filles souffrent à vie des conséquences de mutilations génitales.
 

Nous saluons l’adoption, par l’Assemblée générale des Nations Unies, en décembre 2012, de la Résolution 67/146, texte pionnier qui vise à instaurer l’interdiction universelle des mutilations génitales féminines et appelle les Etats à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les femmes et les filles contre cette forme de violence.
 

Nous exhortons les Etats membres du Conseil de l'Europe à signer et ratifier la Convention d’Istanbul et à ériger les mutilations génitales féminines en infractions pénales. Les Etats devraient apporter protection et soutien aux personnes ayant subi de telles pratiques, mais aussi à celles qui risquent d’y être soumises, notamment aux femmes demandeuses d’asile, réfugiées ou migrantes. Dans leur politique étrangère, les Etats devraient promouvoir le respect des droits des femmes, parmi lesquels figure aussi le droit à la protection contre toute forme de violence.
 

Une action concertée est nécessaire pour faire évoluer les mentalités et éradiquer les coutumes et les traditions qui justifient les mutilations génitales féminines. S’adressant à des membres de l’Assemblée parlementaire lors de la partie de session de janvier dernier, une jeune femme ayant survécu à des mutilations génitales a déclaré : « Bien sûr, la loi m’autorisait à intenter un procès à ma mère et à ma grand-mère. Mais pouvez-vous imaginer qu’une enfant le fasse ? » On ne peut pas laisser des enfants lutter seuls contre des violations des droits humains. Un monde sûr et juste pour les femmes et les filles est un monde sans mutilations génitales féminines. Il nous appartient de contribuer à le bâtir ».