15/02/2013 Questions politiques et démocratie
Strasbourg, 15.02.2013 – « Le Gouvernement iranien doit libérer immédiatement, et sans condition, les leaders du Mouvement Vert iranien placés arbitrairement en résidence surveillée depuis exactement deux ans », a déclaré Pietro Marcenaro (Italie, SOC), Président de la Commission des questions politiques et de la démocratie de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).
M. Marcenaro s’est exprimé à l’occasion du deuxième anniversaire de l’assignation de facto à résidence des candidats aux précédentes élections présidentielles Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi, ainsi que de Zahra Rahnavard, l’épouse de M. Mousavi, auteur et militante politique, qui se voient privés de leurs droits les plus fondamentaux depuis deux ans.
Les trois leaders de l’opposition ont été arrêtés en février 2011 après qu’ils eurent appelé à manifester pour soutenir les révolutions arabes. « Aucun des leaders de l’opposition n’a été inculpé, aucun n’a eu droit à un procès, par conséquent, leur assignation permanente à résidence constitue une violation non seulement du droit international, mais également du droit iranien », a indiqué M. Marcenaro. Il a aussi demandé aux autorités iraniennes de cesser de harceler ou de placer en garde à vue sans motifs juridiques les enfants des détenus qui ont été convoqués et soumis à un interrogatoire en début de semaine.
Depuis le conflit post-élections en juin 2009 et alors que l’Iran se prépare à de nouvelles élections présidentielles dans quatre mois, des centaines de personnalités de l’opposition, journalistes, bloggeurs, étudiants, avocats et autres défenseurs des droits de l'homme sont maintenus en détention. Une nouvelle vague d’arrestations de journalistes a commencé fin janvier 2013.
« Je me suis associé aux diverses agences des Nations Unies, aux organisations de droits de l'homme et à de nombreux gouvernements dans le monde pour inviter les autorités iraniennes à respecter leurs engagements internationaux et à libérer toutes les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, de réunion ou d’association. Si la répression et la politique de harcèlement et d’intimidation dont sont victimes l’opposition et la presse ne prennent pas fin, les conditions requises pour la tenue d’élections libres et équitables cette année en juin ne seront pas remplies », a ajouté M. Marcenaro.
La Commission des questions politiques et de la démocratie a tenu un échange de vues sur la situation des droits politiques et des droits de l'homme en Iran avec une délégation de l’opposition iranienne le 21 janvier 2013.