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Débat parlementaire à Londres sur la régulation des médias

Strasbourg, 23.05.2013 – La question de savoir jusqu’à quel point les médias doivent s’autoréguler ou être régulés par l’Etat a été débattue cette semaine à Londres par les participants à une conférence sur le rôle des parlements nationaux dans la régulation des médias en Europe.

La conférence, qui a réuni des parlementaires, des experts et des représentants d’ONG, était organisée par la Commission de la culture, de la science, de l’éducation et des médias de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe avec le soutien financier de l’« Open Society Foundation Media Programme », s'est tenue à la Chambre des communes.

Le ministre britannique de la Culture, Ed Vaizey a déclaré que le Royaume-Uni s’orientait vers un système d’autorégulation indépendante plus forte à la suite du rapport Leveson qui avait pour origine le scandale des écoutes téléphoniques au Royaume-Uni. Un peu plus tôt, le président de la Chambre des communes, M. John Bercow, avait dit que la question de l’équilibre à trouver entre la liberté des médias et la protection de l’intérêt général était une question vieille comme le monde, ajoutant  que « La liberté des médias n’est pas synonyme d’absence totale de contraintes ».

Le rapporteur, M. Gvozden Flego (Croatie, SOC) a souligné l’importance cruciale que revêt la protection de la liberté de la presse, la qualifiant d’« indice de la liberté humaine ». Selon Sir Roger Gale (Royaume Uni, GDE), ancien journaliste, la baisse des tirages et l’apparition des actualités instantanées vingt-quatre heures sur vingt-quatre font peser des pressions considérables sur les médias modernes, ce qui tire les normes vers le bas.

Agnès Callamard, d’Article 19, a estimé que les gouvernements ne pouvaient pas faire appliquer de manière impartiale les normes médiatiques parce qu’ils font eux mêmes trop souvent l’objet de l’attention des médias ; elle a énuméré les éléments clé que doit comporter tout système efficace d’autorégulation. Rachel Craufurd Smith, de l’Université d’Edimbourg, a suggéré que le Conseil de l’Europe recherche pourquoi l’autorégulation de la presse fonctionne dans certains pays et pas dans d’autres.

Parmi les autres participants figuraient les présidents des commissions parlementaires qui s’occupent de la liberté des médias en Azerbaïdjan, en Géorgie, en Hongrie, en République de Moldova, en Roumanie et en Serbie.

La conférence s’est aussi intéressée à d’autres thèmes dont la violence dans les médias audiovisuels et ses conséquences sur les enfants et la société, l’impact des nouvelles technologies d’information et de communication sur la démocratie, et les responsabilités et la déontologie des médias dans un environnement en mutation.