03/10/2013 Egalité et non-discrimination
A l’occasion d’une audition sur le thème « Violences faites aux femmes : la réhabilitation des auteurs est-elle possible ? », Frédéric Matwies, auteur du livre « Il y avait un monstre en moi » a relaté les dix années de violences qu’il a fait subir à son ex-compagne – coups, humiliations, tortures – et la manière dont il est sorti de cette spirale infernale. C’est « le coup de trop », celui qui a failli tuer sa compagne et l’a poussée à porter plainte, qui a décidé M. Matwies à se soigner. Grâce à une thérapie individuelle et une thérapie de groupe, il n’a plus levé la main sur qui que ce soit, et a retrouvé une vie familiale et sociale normale.
Thangam Debonnaire, chargée de recherche auprès de l’association Respect (Royaume-Uni) a décrit des programmes destinés aux auteurs de violence, qui y participent le plus souvent suite à une injonction judiciaire. Mme Debonnaire a souligné que ces programmes visent avant tout à garantir la sécurité des femmes et des enfants. Elle estime qu’ils sont pleinement efficaces lorsqu’ils associent à la fois les auteurs et les victimes ; il s’agit de restaurer une relation, qui soit basée sur l’égalité et non plus sur l’abus. Mais les résultats ne sont jamais immédiats.
Selon Rosa Logar, co-fondatrice de Women against violence Europe (WAVE), on ne peut pas se contenter de condamner les auteurs de violence à la seule obligation de soins, ils doivent être sanctionnés. S’agissant de l’assistance aux victimes, elle a également souligné l’insuffisance du nombre d’abris pour les femmes en Europe.
Athina Kyriakidou (Chypre, SOC) prépare actuellement un rapport sur « Prévenir la violence à l’égard des femmes en se concentrant sur les auteurs ».