29/11/2013 Migrations, protection internationale et coopération économique
Strasbourg, 29.11.2013 – « Je suis choquée de lire les conclusions d’une enquête publiée aujourd’hui dans l’hebdomadaire italien L’Espresso sur le naufrage survenu le 11 octobre dernier dans les eaux situées entre Lampedusa et Malte, qui révèle que plus de 200 personnes fuyant la Syrie ont perdu la vie alors qu’elles auraient pu être sauvées », a déclaré Tineke Strik (Pays-Bas, SOC), rapporteure de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) sur les vies perdues en Méditerranée.
« Un grand nombre des défaillances que j’ai mises en évidence à la suite de l’enquête que j’ai menée sur un accident survenu en 2011, et au cours duquel 63 migrants ont péri en raison du manque de réaction face à leurs appels de détresse, ont manifestement été reproduites.
Je suis particulièrement préoccupée par les retards d’intervention invoqués pour porter assistance à cette embarcation. Ces retards seraient dus en premier lieu à un désaccord entre l’Italie et Malte qui se renvoyaient la balle pour déterminer lequel des deux pays devait prendre la responsabilité du sauvetage, et ensuite au fait que les signaux d’alerte envoyés n’avaient pas le caractère d’urgence propre à déclencher une intervention immédiate des secours. Les révélations d’aujourd’hui semblent indiquer que, là encore, des navires se trouvaient à proximité et auraient pu porter secours aux naufragés plus rapidement. Toutes ces questions doivent d’urgence être examinées plus avant. Ce qui est évident, c’est que des heures cruciales ont été perdues, alors qu’elles auraient pu être utilisées pour sauver des vies.
Il ne fait aucun doute que lorsque la situation de l’embarcation est devenue dramatique, les services italiens et maltais de recherche et de sauvetage en mer ont envoyé des secours sur place, et ont ainsi sauvé 212 vies. Leur réaction doit être saluée, de même que les mesures renforcées de l’opération « Mare Nostrum » lancée ultérieurement par les autorités italiennes. Mais je pose la question : les 200 personnes qui sont mortes noyées n’auraient-elles pas pu être secourues si des enseignements avaient été tirés de l’accident de 2011 sur lequel j’ai enquêté ? »
Mme Strik prépare actuellement un rapport de suivi sur son enquête précédente, qui devrait être rendu au printemps 2014.