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Les co-rapporteures exigent une enquête approfondie sur les responsabilités concernant le bain de sang de Maidan

Les co-rapporteures de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) pour le suivi de l’Ukraine ont salué l’accord conclu ce vendredi entre le Président Ianoukovitch et l’opposition – mais elles ont souligné qu’il devait être suivi par un large dialogue entre l’ensemble des forces civiles et politiques sur l’orientation future du pays pour trouver une solution à long terme à la crise.

Au terme de leur visite de quatre jours à Kiev, Mailis Reps (Estonie, ADLE) et Marietta de Pourbaix-Lundin (Suède, PPE/DC) ont aussi exigé une enquête approfondie sur les responsabilités encourues pour les récents événements sanglants sur le Maïdan. Elles ont condamné avec une extrême fermeté, le recours à des tireurs d’élite, qui ont tiré à balles réelles sur les manifestants de la place de l’Indépendance, où elles se sont rendues alors que les violences s’aggravaient, observant par elles-mêmes les tirs. « Rien ne peut justifier le fait que des pouvoirs publics recourent à des tireurs d’élite contre leur propre peuple. Cela ruine leur légitimité ».

Elles ont appelé à une enquête approfondie sur ces événements sanglants et à l’ouverture de poursuites contre tous ceux qui en sont responsables, y compris au sein de la chaîne de commandement. « Il ne peut y avoir d’impunité pour des violations des droits de l’homme, quel qu’en soit l’auteur. C’est particulièrement vrai pour les événements horribles de cette semaine ».

Elles se sont félicitées de voir que l’accord de ce vendredi prévoit qu’un panel consultatif formé à l’initiative du Conseil de l’Europe, doive enquêter sur les violations des droits de l’homme. Elles sont heureuses d’apprendre que les autorités et l’opposition ont entrepris maintenant d’y désigner leurs représentants. Le panel devrait avoir les compétences et les ressources nécessaires pour garantir une enquête globale, effective et impartiale. Nous espérons qu’il entamera prochainement ses activités ».

Les co-rapporteures ont appelé les deux parties à se conformer pleinement à l’accord de ce vendredi, soulignant qu’il reflétait trois principes déjà retenus par l’Assemblée : accord de partage du pouvoir entre le gouvernement et l’opposition, élections anticipées et nouvel ordre constitutionnel pour restaurer l’équilibre de pouvoirs entre le Parlement et le Président. « Nous espérons que cela mettra fin aux violences et qu’à plus long terme, cela résoudra la crise en restaurant la légitimité des institutions politiques de l’Ukraine », ont-elles déclaré.

« Cependant, l’accord doit être rapidement suivi par un large dialogue entre l’ensemble des forces civiles et politiques d’Ukraine sur l’évolution démocratique et l’orientation géopolitique du pays, ainsi que l’Assemblée l’a demandé dans sa récente résolution. Il sera essentiel de traiter les causes structurelles sous-jacentes de la crise pour parvenir à une solution à long terme ». Le Conseil de l’Europe et l’Assemblée parlementaire auront un rôle clé à jouer dans ce dialogue, ont-elles souligné.

La ligne rouge fixée par l’Assemblée dans sa récente résolution a été franchie en tous points au cours de la semaine dernière, ont conclu les co-rapporteures. « Conformément à notre mandat, nous discuterons au sein de la Commission de suivi de l’Assemblée, qui se réunit la semaine prochaine à Malte, des mesures à prendre pour contribuer au règlement de la crise. Nous espérons retourner bientôt en Ukraine pour poursuivre nos discussions avec toutes les parties ».