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La lutte contre la montée du néo-nazisme exige une réponse coordonnée

« La montée des mouvements néonazis n’est pas un phénomène isolé qui serait propre à certains Etats membres du Conseil de l'Europe, mais un problème qui existe sur tout le continent sous différentes formes et pour différentes raisons historiques. Il nécessite par conséquent une réponse coordonnée au niveau européen, qui tienne compte des bonnes pratiques », a déclaré Theodora Bakoyannis (Grèce, PPE/DC), Présidente de la Commission des questions politiques et de la démocratie de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), au terme d’une audition de deux jours consacrée à la lutte contre les manifestations de néonazisme.

Cette audition, qui s’est déroulée les 11 et 12 mars à Stockholm, a été organisée par Marietta de Pourbaix-Lundin (Suède, PPE/DC), présidente de la délégation suédoise auprès de l’APCE et rapporteure sur cette question, avec la participation de la ministre suédoise des Affaires européennes et de la Démocratie, Birgitta Ohlsson, le secrétaire d’Etat norvégien au ministère de la Justice et de la Sécurité publique, Hans J. Røsjorde, le conseiller aux droits de l’homme et ancien Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, et le chef de service de la municipalité de Kungälv, Christer Mattsson.

Mme Ohlsson a souligné l’actualité de cette question en Suède. « 20% des lycéens suédois affichent une attitude clairement intolérante à l’égard des immigrés, des juifs, des Roms et des homosexuels, ce qui les rend perméables aux messages des mouvements extrémistes », a-t-elle déclaré, faisant référence à des études menées par le Forum pour l'histoire vivante, un organisme public suédois.

« Mais ces études montrent également qu’il existe une nette corrélation entre l’attitude des lycéens et le nombre d’heures d’enseignement consacrées à la démocratie et aux droits de l’homme », a-t-elle ajouté, soulignant ainsi l’importance du Plan d’action national suédois visant à protéger la démocratie contre la violence et l’extrémisme. Doté d’une enveloppe de 65 millions de couronnes (environ 8 millions euros) sur deux ans (2012-2014), ce plan d'action a permis d’organiser des ateliers scolaires sur la démocratie, la tolérance et les droits de l’homme, entre autres thèmes.

De son côté, le secrétaire d’Etat norvégien a évoqué le plan d’action de son gouvernement contre l’extrémisme violent, dont l’objectif sera de lutter contre les menaces en ligne et l’utilisation d’internet comme espace de radicalisation. « Nous devons affronter tous ensemble, dans le cadre d’une coopération internationale, les problèmes de la radicalisation et de l’extrémisme violent », a-t-il conclu.

Pour Thomas Hammarberg, il est essentiel de débattre avec les mouvements néonazis, qu’ils soient représentés ou non au parlement, et de les démasquer publiquement. « Il ne faut pas les ignorer ni en faire des martyrs », a déclaré l’ancien Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Il a ajouté qu’il convenait aussi d’adopter des lois très claires sur le discours de haine, les infractions motivées par la haine et l’extrémisme.

Présentant le « modèle Kungälv », qui vise à montrer aux jeunes l’utilité de participer au collectif démocratique, M. Mattsson a souligné que la plupart des jeunes qui adhèrent à des groupes extrémistes le font avant même l’adolescence. « Nous n’avons pas forcément besoin de les convaincre des valeurs démocratiques. Il suffit de semer le doute dans leur esprit ». M. Mattsson a expliqué que le recrutement de jeunes par les mouvements néonazis avait quasiment cessé dans la commune de Kungälv, où ce modèle est appliqué depuis 1995.

« Notre priorité devrait être d’éduquer, de prévenir et de réagir rapidement aux manifestations de néonazisme et au discours de haine, mais aussi d’aider les personnes à quitter les mouvements néonazis et ceux qui prônent le pouvoir blanc », a conclu Mme de Pourbaix-Lundin dans sa synthèse des discussions. Dans le cadre de la préparation de son rapport, la rapporteure s’est déjà rendue en Grèce et a prévu prochainement une visite à Berlin.