Logo Assembly Logo Hemicycle

Demandeurs d'asile non accompagnés et séparés atteignant l'age de 18 ans

«En prison, disent-ils parfois, nous avons au moins un endroit où dormir » a rappelé Milen Eyob Fessehaye, jeune Erythréenne réfugiée en Suède, porte-parole des jeunes réfugiés et demandeurs d’asile en Europe non accompagnés qui perdent tout soutien lorsqu’ils atteignent l’âge adulte.

Après l’adoption à Paris ce jour d’une Résolution sur les « Enfants migrants non accompagnés : quels droits à 18 ans ? », la Commission des migrations a accueilli un atelier de travail pour lancer un projet conjoint de recherche sur le terrain, du HCR et du Service jeunesse du Conseil de l’Europe, sur les difficultés particulières auxquelles se heurtent les demandeurs d’asile et les réfugiés non accompagnés lorsqu’ils atteignent l’âge de 18 ans.

A partir d’études théoriques et de visites sur le terrain, notamment des témoignages individuels, l’étude conjointe souligne le manque d’informations sur ce tournant délicat. La majorité se traduit généralement par la perte de toutes les garanties particulières dont les intéressés ont pu bénéficier en tant qu’enfants.

Milen a rappelé ensuite lors de l’atelier qu’« à minuit, le jour de votre 21e anniversaire, vous devenez soudain un adulte, ce qui signifie que vous êtes autonome, livré à vous-même. Vous n’avez personne que vous puissiez contacter. Il est quasi impossible de trouver un responsable. Atteindre l’âge de 21 ans n’est donc pas réjouissant du tout ». Elle donne ensuite un aperçu des problèmes éducatifs, professionnels et sociaux restant à régler à ce jour pour les jeunes demandeurs d’asile et réfugiés non accompagnés présents en Europe.

« Il faudrait une phase de transition pour leur permettre de devenir autonomes », a déclaré Mailis Reps, rapporteure de l’APCE sur la question . « Il est très important de reconnaître la vulnérabilité des jeunes demandeurs d’asile et réfugiés non accompagnés, mais aussi leur potentiel », a-t-elle ajouté. Les travaux de l’APCE et la manifestation organisée sous les auspices de la Commission des migrations aujourd’hui constituent à cet égard de premiers pas convaincants.