23/05/2014 Commission permanente
« Les politiques de plusieurs pays européens, qui exigent un dépistage obligatoire du VIH, ou un dépistage sans le consentement des migrants, soulèvent de graves inquiétudes quant au respect des droits de l’homme », a rappelé aujourd’hui l’APCE en adoptant une Résolution sur la lutte contre le sida auprès des migrants et des réfugiés sur la base d’un rapport de Doris Fiala (Suisse, ADLE).
Pour l’APCE, les migrants qui vivent avec le VIH/SIDA sont confrontés à de multiples formes de discrimination et de stigmatisation, y compris le refus d’entrée, ou le refus de renouveler les titres de séjour dans certains pays. L’APCE a lancé un appel afin que les dispositions du droit national qui empêchent les migrants séropositifs d’entrer sur le territoire ou qui prévoient leur expulsion uniquement du fait de leur statut sérologique soient retirées. Ils ont également invité les Etats membres d’inclure dans le droit national la notion de protection des étrangers gravement malades, en leur garantissant une protection contre l’expulsion lorsqu’aucun traitement adapté n’est disponible dans le pays où la personne doit être renvoyée. « Le fait d’expulser cette personne reviendrait à la condamner à mort », ont souligné les parlementaires.
Pour lutter contre le VIH/SIDA, les Etats membres devraient adopter une approche axée sur les droits de l’homme en s’assurant que tous les migrants, y compris les migrants sans papiers, les demandeurs d’asile et les réfugiés, aient un accès complet à un traitement et des soins du VIH financièrement accessibles ainsi qu’à des stratégies de prévention adaptées. A ce titre, il faudra garantir aux migrants un dépistage volontaire et anonyme du VIH et dissocier les politiques de l’immigration de celles de la santé, le cas échéant en supprimant l’obligation faite aux professionnels de santé de signaler des migrants en situation irrégulière.