26/05/2014 Observation d'élections
Malgré des violences et des menaces à l’Est, l’élection ukrainienne s’est caractérisée par un fort taux de participation et la détermination des autorités à garantir les libertés fondamentales, ont déclaré les observateurs internationaux
L’élection présidentielle anticipée du 25 mai en Ukraine s’est caractérisée par un fort taux de participation et la détermination claire des autorités à tenir ce qui s’est révélé être une élection digne de ce nom, globalement conforme aux engagements internationaux et respectueuse des libertés fondamentales, malgré le climat sécuritaire hostile dans deux régions orientales du pays, ont conclu les observateurs internationaux dans un communiqué préliminaire publié aujourd’hui. L’administration électorale a, dans l’ensemble, géré le processus de manière impartiale et transparente mais certaines décisions prises ont pu échapper à son contrôle.
« Cette élection a démontré l’esprit démocratique des citoyens ukrainiens qui ont, en grand nombre, saisi l’occasion d’exprimer véritablement leur volonté dans les urnes » a affirmé João Soares, le Coordinateur spécial qui a conduit la mission d’observation de courte durée de l’OSCE. « Les autorités sécuritaires et électorales de l’Ukraine doivent être saluées pour les efforts qu’elles ont déployés dans des circonstances exceptionnelles afin de faciliter une élection qui s’est avérée largement conforme aux engagements démocratiques ».
Les autorités électorales se sont réellement employées à assurer le scrutin dans tout le pays, malgré des troubles et des violences ininterrompues dans l’Est qui ont gravement pesé sur le climat électoral, influé négativement sur la situation des droits de l'homme, entravé le bon déroulement de la mission d’observation et eu une incidence délétère notable sur les préparatifs. La fermeture de commissions électorales de district et l’éviction du personnel par des groupes armés, des enlèvements, des menaces de mort, des violations de domicile et la saisie d’équipements et de matériels électoraux figurent au nombre des méthodes utilisées pour tenter d’empêcher l’élection et priver les citoyens de leur droit de vote, ont affirmé les observateurs.
« L’extraordinaire qualité des élections d’hier donne au nouveau Président de l’Ukraine la légitimité nécessaire pour établir immédiatement un dialogue ouvert avec tous les citoyens des régions orientales, regagner leur confiance et décentraliser le pouvoir de l’Etat afin de préserver l’unité du pays en respectant la diversité de la société ukrainienne », a déclaré Andreas Gross, Chef de la délégation de l’APCE. « Il n’y a pas de solution militaire à la crise actuelle et ceux qui appartiennent à un même ensemble ne peuvent que se rapprocher par le dialogue, la compréhension mutuelle, les réformes sociales et une plus grande équité ».
L’élection n’a pas eu lieu dans la Péninsule de Crimée qui n’est plus sous le contrôle des autorités ukrainiennes et les citoyens ukrainiens qui vivent dans cette région ont eu beaucoup de mal à participer à l’élection.
« Malheureusement, de nombreux citoyens n’ont pas pu voter à Donetsk et à Luhansk, à l’instar de presque tous les citoyens de Crimée, du fait des menaces actuelles qui pèsent sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine », a déclaré Ilkka Kanerva, Chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE. « Toutefois, l’impressionnant taux de participation constaté dans le reste du pays constitue un puissant désaveu de ceux qui veulent compromettre l’unité et les progrès de l’Ukraine ».
Malgré la situation difficile et la brièveté de l’échéance, la Commission électorale centrale a globalement fonctionné de manière indépendante, impartiale et efficace et tenu tous les délais légaux. Toutefois, l’absence de réglementation adéquate concernant certains aspects de l’élection a amoindri la cohérence de la gestion du processus. La substitution de nombreuses personnes désignées pour siéger au sein des commissions électorales de district et de circonscription a compromis la stabilité et l’efficacité de l’administration électorale mais la plupart des commissions en dehors des régions de Donetsk et de Luhansk ont pu surmonter les contraintes de temps, les changements fréquents dans leur composition et un certain manque de moyens.
« Avant dimanche, tout le monde estimait que cette élection serait importante, bien que compliquée, mais peu de gens pensaient qu’elle pourrait être menée à bonne fin. Notre évaluation est sans ambiguïté : les autorités ukrainiennes et le peuple ukrainien ont fait de cette élection un succès », a affirmé Karl Lamers, Chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’Otan. « Malgré un contexte particulièrement difficile, nous avons constaté que le processus électoral s’est bien déroulé et que les agents électoraux ont rempli leurs fonctions avec zèle et professionnalisme, dans des conditions parfois extrêmement périlleuses. Nous avons vu, en outre, les citoyens ukrainiens exprimer leur confiance dans l’avenir de leur pays en votant en grand nombre, partout où ils ont pu le faire ».
« Cette élection a jeté des bases solides pour l’avenir de l’Ukraine et la réalisation des tâches urgentes que sont la consolidation économique, les réformes politiques et l’unification du pays », a déclaré Göran Färm, Chef de la délégation du Parlement européen.
La plupart des candidats ont pu faire campagne sans restriction, excepté dans les deux régions orientales, bien qu’il y ait eu plusieurs incidents liés à la campagne, dont des cas d’intimidation et d’attentats contre des sièges de parti et des bureaux de campagne ainsi que des allégations selon lesquelles la campagne de certains candidats aurait été entravée.
Le fait qu’aucun cas d’utilisation abusive des ressources de l’Etat n’ait été constaté est positif, et contrairement à certaines élections antérieures, les observateurs n’ont enregistré aucune allégation de telles pratiques. Bien qu’elle ait récemment fait l’objet d’une réforme, la réglementation sur le financement des campagnes devrait encore être renforcée pour assurer un meilleur contrôle et une transparence accrue, selon le communiqué.
Le paysage médiatique est pluriel mais le manque d’autonomie des médias par rapport aux intérêts politiques ou commerciaux met souvent à mal leur indépendance rédactionnelle. La liberté des médias a été gravement bafouée dans l’Est du pays où des journalistes et des organismes de radiodiffusion ont été soumis à des menaces et au harcèlement pendant toute la campagne. La couverture médiatique des candidats a été limitée et axée uniquement sur quelques-uns d’entre eux. L’organisation et la diffusion de débats entre tous les candidats par la télévision nationale ainsi que l’adoption d’une loi transformant la télévision d’Etat en organisme de radiodiffusion de service public sont, l’une comme l’autre, de bonnes initiatives. Cependant, bien qu’elles n’aient pas eu d’incidence directe sur l’élection, les mesures prises pour empêcher certaines chaînes de diffuser de la prétendue propagande représentent une restriction regrettable, ont fait remarquer les observateurs.
Le cadre juridique est adapté à la conduite d’élections démocratiques, selon le communiqué. De nombreux changements y ont été apportés au cours de la période électorale à la fois pour une meilleure gestion de la situation politique et sécuritaire en évolution rapide et à titre de nouvelle phase du processus de réforme électorale. Les parties prenantes à l’élection ont certes jugé nécessaire la plupart des changements opérés mais il en a résulté un cadre notablement différent de celui qui avait été mis en place lorsque les électeurs avaient été appelés aux urnes.
Dans l’ensemble, le scrutin s’est déroulé conformément aux procédures établies mais, dans certaines régions du pays, il y a eu de longues queues devant les bureaux de vote et quelques problèmes techniques au début du processus de dépouillement des bulletins.
« Au cours des deux mois qu’a duré notre mission en Ukraine, nous avons été les témoins d’efforts impressionnants déployés par l’administration électorale pour garantir le droit de vote des citoyens », a affirmé Tana de Zulueta, Chef de la mission d’observation électorale de longue durée de l’OSCE/BIDDH « Le BIDDH a déployé plus de mille observateurs issus de 49 pays pour suivre le scrutin le jour de l’élection. Sur la base de leurs rapports, je peux affirmer avec certitude que les électeurs qui ont eu la possibilité de voter ont participé à un processus largement conforme aux engagements internationaux et respectueux des libertés fondamentales.
Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
Thomas Rymer, OSCE/BIDDH, +380 67 242 2843, ou +48 609 522 266, [email protected]
Richard Solash, AP OSCE, +380 67 242 2851, ou +45 60 10 83 80, [email protected]
Nathalie Bargellini, APCE, +33 6 65 40 32 82, [email protected]
Nikolina Vassileva, PE, +32 473 85 23 69, [email protected]
Svitlana Svetova, AP OTAN, +380 97 669 7503, ou +32 472 888 700, [email protected]