30/07/2014 Présidence
« Il y a six jours, je me félicitais que la dynamique de la vérité suive son cours dans les affaires des détentions illégales de la CIA, à la suite des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme dans deux recours contre la Pologne. Aujourd’hui, je me réjouis qu’il en aille de même dans l’affaire du trafic d’organes humains au Kosovo », a dit aujourd’hui Anne Brasseur, Présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).
« Le Procureur en chef de la SIFT (l’Équipe spéciale d’investigation de l’Union européenne), Clint Williamson, a fait hier une déclaration sur les conclusions préliminaires de son enquête. Bien qu’aucune conclusion définitive n’ait pour l’instant été présentée, la SIFT a découvert des preuves convaincantes motivant l’inculpation de certains anciens hauts fonctionnaires de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) pour des violations majeures des droits de l’homme, des conclusions qui corroborent et se fondent largement sur le rapport de Dick Marty qui a été présenté en 2011 à l’Assemblée parlementaire », a ajouté Anne Brasseur.
« Dans sa Résolution sur cette question (Résolution 1782 (2011), § 15), l’Assemblée soulignait : « il ne peut et il ne doit pas exister une justice des vainqueurs et une justice des vaincus. Lors de tout conflit, tous les criminels doivent être poursuivis et tenus pour responsables de leurs actes illégaux, quel que soit le camp auquel ils appartiennent et indépendamment du rôle politique qu’ils assument. ». Je suis rassurée de voir que la SIFT fait preuve d’un niveau de professionnalisme élevé, et je note avec satisfaction que l’UE apporte le soutien nécessaire pour lutter avec intransigeance contre la criminalité organisée avant de veiller à ce que justice soit faite, sans céder à l’opportunisme politique. Je relève et déplore que, dans certains endroits, règne un climat d’intimidation des témoins et j’appelle les autorités de la Serbie, de l’Albanie et l’administration du Kosovo à coopérer sans réserve avec les investigations en cours », a conclu la Présidente de l’APCE.
Toute référence au Kosovo mentionnée dans ce texte, que ce soit à son territoire, ses institutions ou sa population, doit se comprendre en pleine conformité avec la Résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies et sans préjuger du statut du Kosovo.