17/03/2015 Questions politiques et démocratie
« Même si la Russie viole clairement le Statut du Conseil de l'Europe et ne respecte pas les engagements souscrits lors de son adhésion à l'Organisation, et pire encore, si la Russie est l'agresseur, conformément aux dispositions de la Charte des Nations Unies et de la Résolution 3314 de l'Assemblée générale, ceci ne dispense pas l'Ukraine de sa propre obligation de prendre des décisions pour mettre en oeuvre l'ensemble de mesures récemment adopté à Minsk, et assurer la paix et la stabilité à long terme », souligne Kristýna Zelienková, (République tchèque, ADLE), dans une note d'information sur sa récente visite à Kiev, Sloviansk, Kramatorsk et Sivierodonetsk.
« Une réforme constitutionnelle globale, y compris une décentralisation, n'est pas seulement le fondement même de toutes les autres réformes nécessaires ; elle est également d'une importance essentielle au succès durable d'un règlement, quel qu'il soit,du conflit dans l'est de l'Ukraine et explicitement mentionné dans le document signé à Minsk le 12 février », a-t-elle déclaré. « Tous mes interlocuteurs ont été unanimes: ils pourraient convaincre la population et les représentants des régions de l'est de travailler ensemble à un règlement politique pacifique, dans le respect des principes de Minsk, à condition que la Russie cesse toute ingérence. L'implication de la Russie ne se limite pas à la fourniture d'armes lourdes et de combattants, mais est aussi présente dans la chaîne de commandement et la prise de décisions. Elle se traduit également par une intense guerre de propagande », a ajouté Mme Zelienkova.
Dans sa note d'information, elle rappelle qu'en tant que rapporteure de l'APCE sur les conséquences politiques de la crise en Ukraine, elle a réaffirmé la position de l'Assemblée en faveur de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, et souligné qu'il est essentiel que l'Ukraine reprenne le contrôle total de ses frontières tout en réitérant l'importance d'une solution politique et pacifique. « L'amélioration de la situation économique du pays dépend à la fois d'un règlement du conflit par des moyens pacifiques et des réformes entreprises. J'ai néanmoins entendu à plusieurs reprises et de la part de différents interlocuteurs que l'Ukraine avait également besoin d'un appui militaire afin d'assurer sa défense ».
Rappelant que le 16 mars a marqué l'anniversaire d'un an de l'annexion de la Crimée par la Fédération de la Russie, la rapporteure a conclu : « Tant qu'il n'est pas mis un terme à l'annexion illégale de la Crimée, il ne sera pas question d'un retour à la normale des relations avec la Fédération de la Russie, ni d'une levée des sanctions imposées par divers organes, notamment notre Assemblée, précisément en réponse à cette annexion illégale ».