09/05/2015 Présidence
Au terme d’une visite officielle de deux jours en Géorgie, Anne Brasseur, Présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, a salué les progrès significatifs réalisés par la Géorgie sur la voie des réformes démocratiques : « Depuis l’adhésion au Conseil de l’Europe en 1999, le peuple géorgien a montré, en de multiples occasions, son attachement à nos valeurs communes que sont la démocratie, les droits de l’homme et l’Etat de droit. J’ai été impressionnée par le degré extrêmement élevé, de la part des autorités, d’ouverture et de volonté de coopérer avec les partenaires internationaux ».
Dans le même temps, Mme Brasseur a vivement encouragé les responsables géorgiens à poursuivre sur cette voie et à intensifier les efforts destinés à renforcer les institutions publiques : « Le rythme des réformes ne doit pas être ralenti. Les réformes de la Constitution et du droit électoral doivent être menées de toute urgence ». La Présidente de l’APCE a aussi souligné la nécessité de mener à bien les réformes fondamentales du système judiciaire, du ministère public et des forces de l’ordre : « La réforme du système judiciaire est d’autant plus essentielle que la transparence et l’impartialité de la justice sont les clés de sa crédibilité ».
Mme Brasseur a assuré aux autorités géorgiennes que le Conseil de l’Europe continuerait de les soutenir pour la mise en œuvre des réformes démocratiques : « Aucun pays n’est parfait, et notre procédure de suivi ne doit être perçue comme une forme d’accusation ou de critique. Elle n’a d’autre but que d’aider à identifier les domaines où il est le plus nécessaire d’apporter des améliorations. Cela étant, c’est en premier lieu aux responsables politiques nationaux, et en particulier aux parlementaires, qu’il appartient de mener les réformes. Toutes les forces politiques conviennent, semble-t-il, que les réformes susmentionnées sont nécessaires et qu’elles doivent être menées de manière efficace et rapide. Mais il doit aussi y avoir une coopération et un dialogue constructif entre l’opposition et la majorité ».
Mme Brasseur a par ailleurs appelé les décideurs géorgiens à combattre avec force toutes les formes de haine et d’intolérance, y compris la violence et les discours homophobes et xénophobes : « Il est de notre devoir, en tant que responsables politiques, de contribuer à l’établissement d’un climat pacifique du vivre-ensemble et de ne pas contribuer à semer la haine ».
Concernant l’Ossétie du Sud (Géorgie) et l’Abkhazie (Géorgie), la Présidente de l’APCE s’est de nouveau prononcée en faveur de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Géorgie et s’est inquiétée de la situation humanitaire dans ces deux régions. « Je me suis rendue sur la Ligne de démarcation administrative et je suis profondément attristée de voir qu’aujourd’hui de nouveaux rideaux s’abattent sur notre continent. J’encourage toutes les parties concernées à dépasser les frontières physiques et psychologiques et à trouver des solutions pour que tous les citoyens jouissent des droits de l’homme, de la démocratie et de l’Etat de droit ». Mme Brasseur a ajouté : « La situation des personnes déplacées est particulièrement préoccupante. Les autorités géorgiennes ont accompli d’immenses efforts pour garantir à ces personnes des conditions de vie décentes, mais les mesures temporaires ne sont pas la solution. J’espère que des discussions constructives pourront être reprises à ce sujet dans le cadre des négociations de Genève ».
Lors de sa visite officielle, la Présidente de l’APCE a rencontré le Président du Parlement, David Oussoupachvili, le Président de la République, Guiorgui Margvelachvili, le Premier ministre, Irakli Garibachvili, le ministre des Affaires étrangères, Tamar Beroutchachvili, le Président de la Cour suprême, Nino Gvenetadze, le Défenseur public, Outcha Nanouachvili, ainsi que des représentants de la société civile. Elle s’est également rendue dans le camp de personnes déplacées de Tserovani et sur la Ligne de démarcation administrative, à Khourvaleti. Mme Brasseur s’est en outre exprimée devant le Parlement géorgien et a donné une conférence devant les étudiants de l’Université d’Etat de Tbilissi Ivane Javakhichvili.