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Anne Brasseur appelle à un discours politique valorisant les migrations

« Les responsables politiques doivent briser les préjugés et détruire les mythes sur les dangers de la migration, s’engager dans un véritable débat de fond sur les défis et les opportunités que la migration représente et élaborer un discours politique positif qui valorise les avantages de ce phénomène », a déclaré la Présidente de l’APCE, Anne Brasseur, à l’issue de sa visite dans les institutions des Nations Unies à Genève.

« Plusieurs facteurs socioéconomiques, notamment la transition démographique, font que nos sociétés ont besoin de la migration. Nous devons concevoir des politiques générales qui contribuent à l’intégration des migrants dans la société et à la promotion de la cohésion sociale. Cela est d’autant plus important aujourd’hui, compte tenu de la montée du discours populiste et xénophobe. Toutes les forces politiques démocratiques doivent condamner les manifestations de haine et d’intolérance et soutenir les valeurs qui forment le terreau des sociétés démocratiques, à savoir les droits de l’homme, le respect de la diversité, la tolérance et le vivre ensemble. Dans la défense de ces valeurs, le Conseil de l’Europe et les Nations Unies sont des partenaires naturels. Nous devons travailler main dans la main et tirer parti, chacun, des forces et de l’expertise de l’autre », a insisté Anne Brasseur, mentionnant que l’Alliance parlementaire contre la haine lancée par l’APCE est un bon outil pour combattre la haine et l’intolérance.

A propos de la situation des réfugiés et des demandeurs d’asile, Anne Brasseur a invité la communauté internationale à plus de solidarité et de partage des responsabilités. « Le respect de la dignité humaine est une valeur fondamentale universelle. La solidarité n’est pas seulement une nécessité politique dans la prise en charge globale de la migration, elle est aussi pour nous tous, êtres humains, une responsabilité vis-à-vis des plus vulnérables qui fuient les guerres, les conflits, la pauvreté et les difficultés économiques », a souligné Mme Brasseur.

Abordant les défis à relever en matière de droits de l’homme, Anne Brasseur a déploré la « place de plus en plus étroite faite aux libertés et aux droits fondamentaux » dans plusieurs Etats membres du Conseil de l’Europe, mais aussi dans le reste du monde. « Les droits de l’homme, la démocratie et la prééminence du droit sont les trois piliers des sociétés solides, stables, inclusives et durables. Les Nations Unies et le Conseil de l’Europe ont la même mission politique : défendre l’universalité de ces valeurs. De ce point de vue, les échanges que j’ai eus avec mes différents interlocuteurs à Genève ont été très stimulants et je me réjouis à la perspective de poursuivre ces discussions avec le Secrétaire Général des Nations Unies lors de sa prochaine visite à Strasbourg, en particulier en ce qui concerne la coopération entre nos deux Organisations dans la réalisation des futurs Objectifs de développement durable », a poursuivi la Présidente de l’APCE.

Sur le thème de la normalisation, Anne Brasseur a souligné que les conventions du Conseil de l’Europe peuvent contribuer à l’élaboration des normes internationales en matière de droits de l’homme à l’échelle mondiale. « Un certain nombre de nos conventions sont ouvertes à la signature des Etats non membres, notamment la Convention pour prévenir et combattre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Guidés par le principe de l’universalité des droits de l’homme, nous devons veiller à ce que les normes établies par cet instrument juridique ne soient pas édulcorées dans l’élaboration des normes juridiques internationales », a déclaré Anne Brasseur

Enfin, abordant la situation en Ukraine, la Présidente de l’APCE a salué la coopération étroite entre le Conseil de l’Europe et les institutions des Nations Unies face aux problèmes humanitaires et de droits de l’homme que pose le conflit. Appelant toutes les parties à mettre fin à la violence et à respecter les accords de Minsk, Anne Brasseur a insisté sur la nécessité d’enquêter rapidement et efficacement sur les atteintes aux droits de l’homme. « Il ne doit y avoir aucune impunité en matière de violations des droits de l’homme », a souligné Mme Brasseur.

Au cours de sa visite à Genève, Mme Brasseur a rencontré le Haut-Commissaire de l’UNHCR, ainsi que des hauts représentants de l’OMI, de l’OIT, du CICR, de l’UNRISD, de l’UIP, ainsi que des représentants d’ONG actives dans le domaine des droits de l’homme.