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Albanie : 'les forces politiques doivent oeuvrer ensemble à la stabilité du pays'

A l’issue d’une visite d’information à Tirana, les corapporteurs de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) pour le suivi de l’Albanie, Jonathan Evans (Royaume-Uni, CE) et Andrej Hunko (Allemagne, GUE), ont salué la détermination politique, clairement exprimée par les principales forces politiques, à continuer de coopérer les unes avec les autres pour mettre intégralement en œuvre l’accord de décembre 2014, qui revêt une importance cruciale pour la stabilité politique du pays.

Les corapporteurs ont souligné que, bien que les libertés fondamentales de réunion et d’expression aient été généralement respectées lors des élections locales du 21 juin, les observateurs internationaux ont encore constaté de graves dysfonctionnements dans la procédure électorale. « Il est important de remédier dûment et rapidement à ces dysfonctionnements dans un esprit de coopération entre les partis politiques », ont déclaré les corapporteurs. Dans le même temps, ils ont souligné que les modifications du Code électoral n’étaient pas suffisantes à elles seules pour remédier aux dysfonctionnements récurrents de la procédure électorale mais que c’était à tous les acteurs politiques qu’il incombait de faire la preuve de la volonté politique nécessaire pour mettre en œuvre de bonne foi toutes les dispositions du Code.

Les corapporteurs ont pris acte de la mise en œuvre de la récente réforme administrative territoriale mais ils ont souligné que cela devait maintenant conduire à la phase suivante, qui est importante pour le développement démocratique effectif et efficient du pays. « Maintenant que la nouvelle structure territoriale est en place, il va falloir donner aux collectivités locales, d’une part, les fonctions et pouvoirs clairs et concrets qui vont de pair avec l’autonomie locale et, d’autre part, les moyens nécessaires pour les mettre en œuvre », ont ils affirmé.

« Nous nous félicitons de l’accent mis par le gouvernement sur la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, mais nous attendons encore des résultats concrets en ce qui concerne les poursuites et les condamnations. Il doit être clairement démontré qu’il ne saurait y avoir d’impunité en matière de corruption à quelque niveau que ce soit du gouvernement, de la police, du pouvoir judiciaire ou du ministère public », ont déclaré les corapporteurs. Dans ce contexte, ils ont insisté sur l’importance de procéder à une réforme de la magistrature et en particulier du ministère public, tout en garantissant le respect du principe fondamental de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Ils ont souligné qu’il était indispensable que la réforme soit exhaustive et ils ont appelé toutes les forces politiques à participer pleinement aux travaux de la commission parlementaire ad hoc sur la réforme de la justice.

Les rapporteurs rendront compte de leur visite à la Commission de suivi à l’occasion d’une prochaine réunion à Strasbourg.