30/09/2015 Session
L’APCE – élargie aux délégations parlementaires des Etats membres de l’OCDE non membres du Conseil de l’Europe – a appelé l’OCDE et ses Etats membres à stopper l’accroissement des inégalités, et promouvoir une croissance inclusive et une répartition plus équitable des revenus, des richesses et du bien-être. Se basant sur un rapport de Tuur Elzinga (Pays-Bas, GUE) relatif aux activités de l’OSCE en 2014-2015, l’Assemblée a souligné que les inégalités de revenus étaient à leur plus haut niveau dans les pays de l’OCDE depuis un demi-siècle.
La résolution adoptée aujourd’hui par l’APCE, a demandé aux Etats membres de l’OCDE de prendre des mesures pour revaloriser les revenus faibles et intermédiaires « afin de stimuler la demande et le pouvoir d’achat des ménages ». Les parlementaires préconisent aussi de renforcer la négociation collective et les salaires (minimums), au rythme des gains de productivité, et d’enrayer la progression du travail précaire ou illégal.
Le texte adopté incite également les gouvernements à freiner les activités financières improductives et réformer le secteur financier « afin qu’il soit au service d’une croissance durable de l’économie réelle ». Ils devraient aussi s’attaquer au problème de la fraude et de l’évasion fiscale.
Les parlementaires notent des mesures qui vont dans le sens de la croissance verte, mais des efforts bien plus décisifs sont nécessaires « pour que les priorités environnementales soient intégrées dans les agendas économiques ».
Reconnaissant la contribution potentielle des migrations à la croissance, l’Assemblée a invité l'OCDE à fournir des analyses sur les flux migratoires et l'intégration, et à conseiller les pays pour trouver une réponse à la crise migratoire actuelle.
« L'immigration est un atout et nous pouvons transformer la crise humanitaire actuelle des migrations en en résultat économique, fiscal et social positif », a déclaré Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE, devant l’Assemblée. « Il reste beaucoup à faire pour améliorer l'intégration des migrants et faire en sorte que nous puissions tous profiter de leur énergie et de leur diversité », a-t-il ajouté.
Evoquant la situation économique et sociale au niveau mondial, il a souligné que, malgré certains progrès récents, les effets de la crise restaient bien ancrés, avec 42 millions de personnes toujours sans emploi dans la zone OCDE. Concernant les inégalités, il a déclaré que le fossé continuait à se creuser – les 10% des plus riches dans la zone OCDE gagnant près de 10 fois le revenu des 10% les plus pauvres. « Nos économies ne sont pas profitables pour tous; elles ont besoin d'être repensées grâce à de meilleurs modèles ». Il a également plaidé pour « un système fiscal international plus juste et plus efficace ».