Logo Assembly Logo Hemicycle

Kos : mieux organiser et financer l’accueil et l’enregistrement des réfugiés aux niveaux local, national et européen

« Nous avons d’abord été frappés par la situation extrêmement difficile dans laquelle se trouvent les nombreux réfugiés qui arrivent à Kos ; cette situation ne fera qu’empirer à l’approche de l’hiver et avec les intempéries. Face à cet énorme défi, auquel personne n’était préparé, j’ai été très impressionnée par la compassion et la générosité spontanée dont font preuve beaucoup d’habitants de Kos. J’ai en revanche été très déçue de voir que, de leur côté, les autorités locales ne se mobilisent guère pour venir en aide aux réfugiés », a déclaré Doris Fiala (Suisse, ADLE), présidente de la délégation de l’APCE, à l’issue d’une visite des centres d’accueil pour réfugiés et migrants de l’île grecque de Kos, les 24-25 octobre.

Ayant constaté les efforts déployés par les groupes de bénévoles locaux, les ONG et les organisations internationales pour répondre aux besoins humanitaires immédiats des réfugiés et des migrants, Athina Kyriakidou (Chypre, SOC) observe qu’il incombe certes aux pouvoirs locaux de veiller à la sécurité de ces personnes en détresse et au respect de leur dignité, mais que les petites îles grecques de la mer Egée ne peuvent évidemment pas assumer seules cette responsabilité. Mme Kyriakidou estime qu’elles ont besoin de bien davantage de soutien, de la part du gouvernement national et des institutions européennes.

« La situation qui prévaut ici révèle la faiblesse opérationnelle de la politique de l’UE. Par exemple, l’aide du Bureau européen d’appui en matière d’asile ne semble pas arriver jusqu’à Kos. Il faut que les autorités locales travaillent, avec le gouvernement national si nécessaire, sur des propositions de projets qui permettront d’obtenir cette aide », a déclaré Eerik-Niiles Kross (Estonie, ADLE).

Compte tenu du manque de structures d’accueil et de la localisation inappropriée des principaux services administratifs, Annette Groth (Allemagne, GUE) estime qu’il est urgent de trouver un site où l’accueil et l’enregistrement puissent se dérouler dans le calme, de manière efficace et efficiente. Les réfugiés doivent se rendre dans le centre touristique de la ville de Kos simplement parce que le poste des garde-côtes et le poste de police se trouvent là, mais cela n’est dans l’intérêt de personne.

Christopher Chope (Royaume-Uni, CE), qui envisage cette situation dans une perspective plus large, juge inhumaine la politique actuelle, qui consiste à donner un accès incontrôlé à la Grèce, et donc à l’UE, à quiconque arrive à Kos depuis la Turquie. « J’ai rencontré de nombreux migrants économiques en quête d’une vie meilleure à qui l’on avait fait miroiter des possibilités d’installation en Allemagne et qui ont été cruellement déçus. J’ai vu de grands nombres de réfugiés qui ne venaient pas de Syrie. Une solution civilisée et humaine consisterait à traiter en Turquie les demandes d’asile en Europe, ce qui éviterait de livrer les demandeurs aux mains de passeurs sans scrupules », a déclaré M. Chope.

Au cours de sa visite des 24 et 24 octobre, la sous-commission a rencontré des réfugiés et des migrants arrivés récemment, les autorités locales (dont les maires d’autres îles se trouvant dans une situation similaire), des bénévoles, des ONG et des organisations internationales, ainsi que des représentants du secteur économique. Elle s’est aussi rendue dans les zones de la côte où abordent la plupart des bateaux de réfugiés et de migrants, dans le centre d’enregistrement de Frontex situé sur le port, dans le poste de police qui s’occupe des empreintes digitales et des papiers, dans la clinique mobile de Médecins sans Frontières et dans l’hôtel « Captain Elias », utilisé auparavant comme centre d’hébergement informel.

La sous-commission fera rapport à la commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées lors de sa réunion du 15 décembre à Paris, où des décisions seront prises sur les actions à mener.