23/11/2015 Questions juridiques et droits de l'homme
Marieluise Beck (Allemagne, ADLE), rapporteure de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur les « recours juridiques contre les violations des droits de l’homme commises dans les territoires ukrainiens se trouvant hors du contrôle des autorités ukrainiennes », a tiré la sonnette d’alarme concernant la situation humanitaire dans les régions d’Ukraine aux mains des séparatistes.
« L’expulsion arbitraire d’organisations humanitaires comme Médecins Sans Frontières par les autorités de facto de Donetsk et de Louhansk expose les populations vulnérables à de graves dangers. Les personnes gravement malades sont privées de médicaments indispensables. Ainsi, des centaines de patients atteints de tuberculose multi-résistante ne peuvent plus suivre de traitement antibiotique spécial. Le comportement irresponsable des « seigneurs de la guerre » risque de créer de nouvelles résistances, qui finiront par menacer la vie et la santé de chacun d’entre nous », a déclaré la rapporteure.
Mme Beck a précisé que « selon le droit international humanitaire, les détenteurs de l’autorité de facto sont juridiquement responsables des conditions de vie de la population dans les zones placées sous leur contrôle, comme l’a rappelé récemment le Comité international de la Croix-Rouge. La situation humanitaire dans les deux régions aux mains des séparatistes est extrêmement inquiétante, ainsi que le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe l’a souligné dans un rapport publié il y a peu ».
S’adressant également au Gouvernement russe, elle a ajouté : « Les autorités de facto tirent à l’évidence leur pouvoir du soutien qu’elles reçoivent de la Russie. Il incombe donc aussi à la Russie de veiller à ce que les exigences du droit humanitaire soient respectées par ses protégés ».
« Je voudrais aussi attirer l’attention sur un fait qui a été quelque peu occulté par les terribles événements de Paris : des violations graves de l’accord de cessez-le-feu de Minsk II se produisent quotidiennement dans les deux régions contrôlées par les séparatistes, selon les informations données jour après jour par la Mission spéciale d’observation (MSO) de l’OSCE. De plus, la MSO se plaint régulièrement du comportement des autorités de facto, qui tentent de l’empêcher de travailler ».