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Combattants étrangers en Syrie et en Irak : comprendre les causes profondes, avant de concevoir des réponses politiques

La Commission des questions politiques a exprimé sa vive préoccupation concernant le problème des combattants étrangers qui se rendent en Syrie et en Irak pour rejoindre l’« EI » et d’autres groupes extrémistes violents, puis commettent des attentats contre des citoyens européens, mais aussi contre la population locale des pays où ils vont faire le « djihad ».

Le rapport de Dirk Van der Maelen (Belgique, SOC), adopté aujourd’hui par la commission à Bruxelles, indique que le nombre d’étrangers qui se sont infiltrés en Syrie et en Irak dépasserait les 30 000 combattants, dont environ 4 000 résidents ou ressortissants des pays d’Europe occidentale – les effectifs les plus importants venant de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, mais les pays les plus touchés étant la Belgique, le Danemark et la Suède, par rapport à la taille de la population.

Tout en s’inquiétant de l’ampleur de ce phénomène, et de sa menace potentielle pour la sécurité internationale, la commission estime qu’il est essentiel de « mieux comprendre ses causes profondes et de concevoir des réponses politiques appropriées pour s’y attaquer ».

A cet égard, le texte adopté se penche sur les multiples facteurs pouvant conduire à la radicalisation d’une personne, qu’ils soient personnels, idéologiques, ou religieux – quête d’identité/d’appartenance/de sens, déception à l’égard des conditions sociales, absence de perspectives d’avenir, perte de repères, indignation face à la situation au Moyen-Orient.

S’agissant des réponses à apporter, la commission est convaincue que ce problème ne peut être considéré « dans la seule perspective de lutte contre le terrorisme »; une approche sécuritaire et répressive ne suffit pas. Il faut mettre davantage l’accent sur les politiques de prévention, de déradicalisation et de réinsertion, qui peuvent donner des résultats à long terme, ont souligné les parlementaires.

La commission a également demandé de renforcer la coopération internationale entre les autorités nationales et locales, et les agences spécialisées afin d’échanger les informations utiles, expériences et de bonnes pratiques, tout en limitant les doublons.

Enfin, la commission a rappelé que le Conseil de l'Europe était devenu la première organisation internationale à avoir élaboré un instrument juridique régional pour mettre en œuvre les dispositions de la Résolution 2178 des Nations Unies, en adoptant un Protocole additionnel à la Convention du Conseil de l'Europe pour la prévention du terrorisme. Les parlementaires ont aussi salué l’adoption, par le Comité des Ministres, du Plan d’action sur la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation conduisant au terrorisme, pour 2015-2017.

Avant l’adoption du rapport de M. Van der Maelen, la commission a tenu un échange de vues avec Gilles de Kerchove, Coordinateur de l'Union européenne pour la lutte contre le terrorisme.

Le rapport sera débattu lors de la prochaine session plénière de l’APCE (25-29 janvier 2016).