10/12/2015 Présidence
A l’occasion de la Journée des droits de l'homme, Anne Brasseur, Présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a fait la déclaration suivante :
« En cette Journée des droits de l'homme, il faudrait que dirigeants et parlementaires dans la tourmente politique prennent le temps de la réflexion pour examiner la situation dans le monde à travers le prisme des droits de l'homme. Le Conseil de l'Europe œuvre inlassablement à la défense et à la protection des droits de l'homme. Depuis que les pères fondateurs ont imaginé, puis créé l’Organisation, elle a mené à bien quantité de tâches, en s’appuyant sur la pièce maîtresse de la protection des droits de l'homme en Europe, la Convention européenne des droits de l'homme et la Cour.
Cela étant, faire respecter, protéger et promouvoir les droits de l'homme, ce n’est pas juste une activité à plein temps, c’est bien davantage, c’est une obligation et une responsabilité de tous les instants. Des droits de l'homme sont violés ou menacés chaque jour, jour après jour. Nous pouvons parfois nous sentir impuissants face aux défis à relever, qu’il s’agisse de la Syrie, de la crise des réfugiés, de la crise économique, des conflits parmi nos Etats membres, de la montée de la haine et de la xénophobie ou du terrorisme.
Combattre le terrorisme est l’un des défis à relever parmi tant d’autres. Il attaque violemment toutes nos libertés. Il attaque la liberté de parole en ciblant et tentant de museler les médias libres. Il attaque la liberté de religion en pervertissant et détournant les convictions religieuses. Le terrorisme attaque également la liberté de circulation, il attaque l’économie et les moyens d’existence des populations. Et il tue sans discernement.
Devant des menaces d’une telle ampleur, il nous faut être plus attentif encore à ne pas sacrifier les droits de l’homme et les libertés fondamentales. La tentation est forte d’essayer de rassurer nos citoyens en recourant à des mesures de sécurité accrues, parfois au prix des droits et des libertés de tout un chacun de nous. Il faut être franc et clair : il n’y a pas de société libre sans menaces pour la sécurité. Les droits de l'homme ne sauraient être sacrifiés sur l’autel de la lutte contre le terrorisme, c’est là précisément ce que veulent les terroristes ! Il nous faut les empêcher d’arriver à leurs fins ».