Logo Assembly Logo Hemicycle

« L’Europe ne sait-elle vraiment rien faire de mieux que de claquer la porte aux nez des réfugiés ? »

« Alors que l’Europe est confrontée à un défi sans précédent lié aux déplacements de population, on s’attendrait à ce qu’elle fasse preuve d’un élan de solidarité. Malheureusement, ce que l’on constate, c’est que l’Europe ne se montre pas sous son meilleur jour.

L’Europe ne sait-elle vraiment rien faire de mieux que de claquer la porte aux nez des réfugiés ?

A une époque où les informations sont diffusées instantanément, où les médias assurent une couverte continue des événements, où les images et les vidéos sont diffusées par Internet, personne ne peut feindre qu’il ne sait pas pourquoi ces réfugiés prennent la route.

Pendant et après la Seconde guerre mondiale, beaucoup d’Européens eux-mêmes ont quitté leur foyer en quête d’un refuge. Ce passé n’est pas si éloigné. Qu’aurions-nous pensé si alors que nous étions contraints de tout quitter pour fuir la guerre et la terreur, nous n’avions frappé qu’à des portes obstinément closes ?

Alors que quelques pays européens se sont efforcés de montrer qu’il était possible de donner une réponse humaine à la crise, on ne peut s’attendre à ce qu’ils accueillent l’ensemble des réfugiés. Cependant, si l’Europe œuvrait de concert, chaque pays contribuant conformément à ses ressources, le problème ne serait pas insurmontable.

L’absence de réaction commune de l’Europe est non seulement une véritable honte, mais aussi une violation du droit international. Offrir un abri et une assistance à ceux qui fuient la guerre, ce n’est pas seulement un devoir moral, mais aussi une obligation légale.

Plutôt que de participer à une action commune et solidaire, nous assistons à un effet de domino de rejets, qui s’étend tout au long des frontières de l’Europe.

On se heurte à des contrôles aux frontières là où il y a un an encore, ils auraient été inimaginables : entre la Suède et le Danemark, pour la première fois depuis les années 1950 ; puis entre le Danemark et l’Allemagne. Au mois de septembre dernier, l’Allemagne a rétabli des contrôles à la frontière autrichienne. Au début de cette semaine, l’Autriche a provisoirement suspendu l’accord de Schengen. De Slovénie à « l’ex-République yougoslave de Macédoine », les pays situés sur l’axe de l’Ouest des Balkans refusent l’accès à beaucoup de réfugiés et de migrants qui souhaitent leur protection. Ils ne permettent qu’à certaines nationalités seulement d’entrer. Nombre d’entre eux ont érigé des barrières le long de leurs frontières sud, à l’instar de la Hongrie qui a édifié des dispositifs très imposants.

Cela restera dans les manuels d’histoire comme une faillite de l’Europe, comme une tache sur la liste des performances de notre continent.

Cela suffit : Il faut être à la hauteur de nos valeurs, il faut dépasser notre égoïsme national et nous dresser ensemble pour offrir une main secourable à ces voisins démunis qui frappe à notre porte ».