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La commission appelle à un engagement renouvelé dans le combat contre l’antisémitisme

Soulignant que les attaques ciblées perpétrées à l’encontre des membres de la communauté juive ces dernières années dans plusieurs Etats membres du Conseil de l’Europe montrent que l'antisémitisme n’est pas un fléau du passé mais une menace actuelle et une réalité en Europe, la commission sur l’égalité et la non-discrimination a exhorté les gouvernements et les parlements à faire de la lutte contre l’antisémitisme une priorité et à en assumer la responsabilité.

Dans un projet de résolution qui sera examiné par l’APCE lors de sa session de printemps (Strasbourg, 18-22 avril), sur la base d’un rapport élaboré par Boris Cilevičs (Lettonie, SOC), la commission a appelé à « une forte condamnation » de l’antisémitisme et de ses manifestations, qui sont « en contradiction avec les valeurs fondamentales du Conseil de l'Europe ».

« L’antisémitisme trouve son origine dans les préjugés profondément ancrés dans la société à l’encontre des juifs, et seuls des efforts de sensibilisation accrus auprès de la population seraient en mesure de l’éradiquer », a déclaré le rapporteur, regrettant que « des mécanismes de protection limités et la mise en œuvre partielle de la législation anti-discrimination et anti-racisme ne garantissent pas l'égalité et la sécurité pour tous. »

La commission est d’avis que le cadre législatif de lutte contre la discrimination devrait couvrir les manifestations d’antisémitisme, telles que les incitations publiques à la violence, à la haine ou à la discrimination, les injures publiques, les menaces, et la dégradation et la profanation de biens ou de monuments juifs. Elle estime en outre que lorsque ce n’est pas déjà le cas, la négation publique, la minimisation grossière, la justification ou l'éloge de l’Holocauste, des crimes de génocide et des crimes contre l'humanité devraient être érigés en infraction pénale. Elle a invité également à poursuivre les personnalités publiques et les partis politiques pour propos antisémites et appels à la haine, ainsi qu’à supprimer le financement public des organisations et partis politiques qui promeuvent l’antisémitisme.

La commission propose encore d’autres mesures, dont le signalement des crimes à caractère antisémite et des autres crimes de haine et la prévention de l’antisémitisme, y compris dans les médias, et du discours de haine antisémite en ligne. Elle encourage également les parlements nationaux à coopérer avec l’Alliance parlementaire contre la haine et la campagne du Mouvement contre le discours de haine.