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Une audition dénonce une radicalisation "de proximité" menant au terrorisme

« Je ne veux plus que les enfants partent pour mourir ». C'est le témoignage de Véronique Roy, mère d'un jeune homme qui s'est converti, radicalisé pour faire le Jihad en Syrie. « Nous avons appris sa mort par Whatsapp. C'était l l'horreur. Il est trop tard pour mon fils, mais il faut arrêter ce fléau », a-t-elle déclaré devant la Commission sur l’égalité et la non-discrimination, lors d'une audition sur « Les femmes et la radicalisation menant au terrorisme ».

« Cela se passe chez nous », a ajouté Véronique Roy, mettant en garde contre une radicalisation ‘de proximité’ des jeunes. Elle a appelé de ses vœux des mesures préventives à l'échelle politique locale, rappelant que la radicalisation ne passe pas nécessairement par l'Internet. Si la mise en place d'un numéro vert permettant d'identifier des personnes en voie de radicalisation est une bonne initiative, elle ne permet pas pour autant d'empêcher le départ des jeunes radicalisés. « Le niveau de radicalisation de mon fils était estimé à 70% alors qu'il était, je l'ai su plus tard, déjà en Syrie », a-t-elle déclaré en ajoutant qu'avec le recul il est plus facile d'identifier les premiers signes d'une radicalisation: l'arrêt de leçons de piano, l’arrêt des études, l'impossibilité de rester à table avec une personne consommant un verre de vin, le refus d’aller à une messe d’enterrement dans une église.

 

Quant à Mélanie Smith, expert à l'Institut pour le dialogue stratégique à Londres, la recherche d'identité, d'une forme d'autonomisation, de la place qu'ils occupent dans la société et la promesse de fraternité sont des facteurs attirants à une radicalisation. On prétend aux candidats au départ qu'ils vont partir pour des raisons humanitaires, afin d'aider la population. « Cependant, il y a une grande diversité de profils de femmes radicalisées et donc pas de solution unique pour tous », a-t-elle souligné, tout en ajoutant que les récits contraires basés sur les histoires de femmes qui revenaient de territoires contrôlés ISIS sont un outil de prévention puissant. Ces histoires peuvent les aider à comprendre que les conditions de vie sont difficiles en zone de guerre, avec un manque de services et de mobilité.

Cette audition a été tenue dans le cadre de la préparation de l’avis de Gabriella Heinrich (Allemagne, SOC) sur le rapport « Prévenir la radicalisation d’enfants en s’attaquant à ses causes profondes » préparé par Sevinj Fataliyeva (Azerbaïdjan, CE) pour la Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable. Le débat en plénière est prévu lors de la prochaine session (18-22 avril, Strasbourg.)