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Le modèle suédois en matière d’égalité de genre

La Commission sur l’égalité et la non-discrimination s’est réunie les 17 et 18 mai 2016 au Riksdag à Stockholm, à l’invitation de Jonas Gunnarsson (Suède, SOC), Président de la délégation suédoise auprès de l’Assemblée parlementaire.

Lors de l’ouverture de la réunion Esabelle Dingizian, Troisième Vice-Présidente du Riksdag, a souligné que l’égalité de genre faisait naturellement partie de la démocratie. L’accent est désormais mis sur une égalité qualitative plutôt que quantitative, avec 43,6 % de femmes membres du Parlement. Le Riksdag essaye de montrer l’exemple, avec la mise en place d’une crèche pour les enfants des membres du parlement, du congé parental, de semaines sans sessions plénières et d’horaires fixes pour les votes, afin de pouvoir gérer le travail politique tout en dédiant assez de temps à sa vie privée. Mme Dingizian est à la tête du groupe opérationnel pour l’égalité au sein du Riksdag qui identifie les défis en matière d’égalité de genre et s’attache à en faire un environnement de travail plus égalitaire. 

Les membres de la commission ont également tenu un échange de vues avec Åsa Regnér, Ministre des enfants, des personnes âgées et de l’égalité de genre, Ministère de la Santé et des Affaires sociales de la Suède, qui a expliqué que le gouvernement suédois était le premier gouvernement officiellement féministe. Cela signifie non seulement que l’égalité de genre est une priorité mais aussi que le gouvernement est, et souhaite être, tenu responsable de son action dans ce domaine. Elle a souligné que l'expérience de la Suède a montré que l'égalité de genre ne pouvait être atteinte sans volonté politique, leadership et sans la participation des hommes. « Les hommes doivent se sentir responsables de la réalisation de progrès dans le domaine de l’égalité de genre (…). La participation des hommes aux soins et à la prévention de la violence à l’égard des femmes est très importante », a-t-elle déclaré. Elle a aussi expliqué que l’égalité de genre était l’objectif et que le féminisme était un outil.   

Jonas Gunnarsson, hôte de la réunion, a mis l’accent sur l’importance d’avoir des hommes engagés dans la lutte pour l’égalité de genre. Il a été heureux de voir que pour la première fois, il y avait plus d’hommes participant à la réunion de la commission que de femmes. « L’égalité de genre rend les sociétés meilleures, renforce leurs économies et créé un climat libre de tout harcèlement ou de violence », a-t-il dit. Les membres ont discuté des systèmes de quotas, de mesures permettant d’améliorer la participation, et de la mise en œuvre du modèle suédois en matière d’égalité de genre ailleurs. Drude Dahlerup, professeure du département de sciences politiques de l’Université de Stockholm, a présenté la situation en Suède et souligné que l’égalité de genre n’était pas un objectif atteignable une fois pour toutes mais qu’elle demandait un travail constant. Nana Kalandadze, chargée de programmes à l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale, a informé les membres de l’existence d’un consensus en Suède relatif à l’égalité de genre, considérée comme une question de justice sociale et de légitimité politique.