29/07/2016 Culture, science, éducation et médias
Le rapporteur général sur la liberté des médias de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a tenu à faire savoir qu’imposer de nouvelles restrictions d’envergure aux médias en Turquie risquait « d’entamer la confiance de la population » dans les institutions du pays et de marquer la victoire des instigateurs du coup d’Etat manqué.
Voloymyr Ariev (Ukraine, PPE/DC), qui prépare actuellement un rapport pour l’APCE sur « les attaques contre les journalistes et la liberté des médias en Europe », a déclaré qu’il souhaitait avoir des précisions du chef de la délégation turque auprès de l’Assemblée sur la fermeture de médias et les poursuites intentées contre des journalistes.
« A la suite du coup d’Etat militaire avorté organisé en Turquie il y a quinze jours, nombre de chaînes de télévision, de stations de radio, de journaux et de médias en ligne ont été fermés par le gouvernement turc », a indiqué M. Ariev, lui-même ancien journaliste.
« Le coup d’Etat a été déjoué notamment parce que la population turque a eu accès aux médias et a pu suivre le déroulement des événements. De nombreux turcs ont de ce fait pu protester publiquement contre le coup », a-t-il précisé.
« Les autorités turques doivent défendre la liberté d’information et d’expression dans les médias, condition essentielle et garantie de tout Etat démocratique, afin de ne pas entamer la confiance de la population dans les institutions démocratiques turques », a ajouté M Ariev.
« C’est la raison pour laquelle j’ai aujourd’hui adressé un courrier au président de la délégation turque auprès de l’Assemblée, mon collègue parlementaire, Talip Küçükcan, pour lui demander d’apporter sans tarder des éclaircissements sur la fermeture de médias et les poursuites pénales engagées contre des journalistes qui ont été notifiées à la Plateforme du Conseil de l'Europe pour la protection des journalistes ».