Logo Assembly Logo Hemicycle

'L'échec du coup d'Etat en Turquie a été une victoire pour la démocratie'

A la fin de sa visite à Ankara, Pedro Agramunt, Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), a conclu que « l’échec de la tentative du coup d’Etat était une victoire pour la démocratie. Il faut recourir à tous les moyens démocratiques pour rendre impossible à l’avenir toute tentative de recours à la force de cette nature ».

« Je me suis rendu en Turquie », a expliqué Pedro Agramunt, « pour manifester notre solidarité avec la Turquie, avec le Parlement, le Gouvernement et le peuple turcs au lendemain d’une tentative inacceptable de coup d’Etat. Lors d’une rencontre entre nos homologues turcs et les présidents et vice-présidents d’Assemblées parlementaires internationales à la Grande assemblée de Turquie, nous avons discuté des opérations menées par les auteurs du coup d’Etat contre la démocratie turque et nous avons pu voir de nos yeux les dégâts causés par la bombe lancée dans la Grande assemblée nationale. Cet attentat était choquant. Il faudra du temps pour que le pays comprenne ce qui s’est passé, que la lumière soit faite sur les faits, que les responsables soient traduits en justice et que la répétition d’un tel acte soit rendue impossible. Dans mon intervention lors de cette réunion, j’ai précisé que la Turquie pouvait compter sur l’aide du Conseil de l’Europe et de son Assemblée pour les investigations et les procédures judiciaires, qui doivent être conformes à la Constitution, à la loi et à la réglementation interne, telles qu’elles sont étayées par la Convention européenne des droits de l’homme et les autres normes du Conseil de l’Europe ».

Au cours de ma visite et en marge de cette réunion, j’ai été reçu au plus haut niveau de l’Etat et du Gouvernement et j’ai pu m’entretenir avec les chefs des principaux groupes politiques, avec des responsables d’ONG et avec des journalistes. Ce dont le Président turc, le Président de la Grande assemblée, le Premier ministre et le Ministre des Affaires étrangères m’ont fait part était clair et simple : « Manifestez donc de la solidarité à l’égard de ce qu’a éprouvé le peuple turc  et comprenez la nécessité d’éliminer la menace profondément ancrée posée par les auteurs de la tentative de coup d’Etat ». J’ai pu parler en toute franchise avec mes homologues de certaines des mesures prises pour traiter les séquelles du coup d’Etat. Ainsi, les allégations de mauvais traitements, les décrets liés à l’état d’urgence et le nombre de personnes placées en détention ou licenciées. Dans ce contexte, j’ai demandé des données mises à jour sur les mesures prises. J’ai reçu des autorités l’assurance qu’elles étaient conscientes des questions soulevées. Nous avons aussi discuté de la mission en cours du Comité pour la prévention de la torture (CPT) et d’une visite de responsables turcs qui a lieu cette semaine à Strasbourg pour examiner un certain nombre de questions liées aux droits de l’homme et à l’état de droit. J’ai invité le Ministre des Affaires étrangères à prononcer un discours lors de la partie de session d’octobre à Strasbourg et j’ai eu le plaisir de voir qu’il acceptait aussitôt cette invitation », a déclaré M. Agramunt.

« Lors de mes entretiens avec eux, les responsables de deux des groupes d’opposition ont exprimé clairement leur volonté d’unité dans le cadre de la réaction immédiate au coup d’Etat. Certains ont exprimé des préoccupations démocratiques selon lesquelles l’ensemble des investigations pénales, des poursuites et des procès devraient être menés par des juridictions indépendantes, respectant l’état de droit et les normes internationales relatives aux droits de l’homme », a-t-il ajouté.

« La Turquie est confrontée à bien des problèmes. Elle a besoin d’un large soutien de l’Europe », a déclaré Pedro Agramunt. « Cela concerne non seulement les conséquences de la tentative du coup d’Etat, mais aussi la prise en charge de près de trois millions de réfugiés et un nombre croissant d’attentats terroristes mortels. Il faut que nous collaborions davantage avec la Turquie et que nous l’aidions plus encore à avoir une réaction démocratique face à ces difficultés ».

En conclusion, Pedro Agramunt a remercié la Grande assemblée de Turquie, les autorités, les responsables politiques et les représentants de la société civile de l’avoir rencontré et de lui avoir donné des informations essentielles pour la visite.

Au cours de sa visite de travail, le Président Agramunt a été reçu par le Président turc Recep Tayyip Erdoğan, il a rencontré İsmail Kahraman, Président de la Grande assemblée turque, le Premier ministre Binali Yıldırım et le Ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu. Il a eu des échanges de vues avec des responsables des différents groupes politiques, y compris Kemal Kiliçdaroğlu, Président du parti républicain du peuple (CHP) et Mme Figen Yüksekdağ, coprésidente du Parti démocratique des peuples (HDP). Il s’est enfin entretenu avec des représentants de plusieurs ONG: Amnesty International, Human Rights Watch, l’Association des journalistes et la Plateforme internationale des droits de l’homme.