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'Pour nous protéger il faut privilégier le dialogue à la confrontation'

Dans son allocution d’ouverture de la Conférence européenne des Présidents de Parlement à Strasbourg, le Président de l’APCE a souligné qu’« aucun pays ne peut ériger un mur contre le terrorisme ou la crise économique. Aucun pays ne peut construire une barrière pour maintenir à l’extérieur l’instabilité due à des conflits gelés ou en cours, qui sont à l’origine de l’occupation et de l’annexion de territoires appartenant à des Etats membres. La seule façon de nous protéger et d’aller de l’avant consiste à être conscients de notre interdépendance et à nous concentrer sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous divise, en privilégiant le dialogue par rapport à la confrontation ».

« Dans cette Assemblée, depuis plus de six décennies, les représentants des citoyens européens, élus démocratiquement, se réunissent, débattent, se forgent peu à peu une même conscience de ce que signifient la démocratie, les droits de l’homme et l’état de droit, et construisent une identité européenne commune. La date d’aujourd’hui, le 15 septembre, est celle de la Journée internationale de la démocratie. Je ne saurais imaginer un lieu plus approprié pour célébrer cette journée », a-t-il ajouté.

« Certaines dates définissent notre histoire et façonnent notre mémoire collective, nos perceptions et nos réactions. L’un de ces moments déterminants a été la tentative de coup d’Etat en Turquie », a-t-il déclaré, soulignant que cela «nous rappelle que nous ne devons jamais prendre la démocratie pour acquise et que la meilleure défense contre les atteintes à la démocratie consiste à renforcer, et non pas à restreindre, la démocratie et le respect des droits de l’homme et de l’état de droit ».

Un autre moment déterminant a été celui des attentats terroristes de Paris, qui ont amené les gens ordinaires, à travers toute l’Europe, à prendre conscience du fait que c’étaient eux qui constituaient la cible principale. Cela « nous a fait changer notre compréhension du danger », a déclaré le Président Agramunt, ajoutant que « malgré le sentiment omniprésent de menace, la peur et la haine ne doivent pas régner en maîtres ». Il a appelé la soixantaine de Présidents de Parlement présents à la Conférence à le rejoindre dans son initiative Terrorisme : #NiHaineNiPeur, les invitant « à témoigner de notre engagement à lutter contre le terrorisme tout en restant fidèles à nos valeurs ».

Il a également souligné qu’« aucun d’entre nous ne pourra oublier Aylan, un petit garçon syrien âgé de trois ans qui s’est noyé en essayant d’atteindre les rivages de l’Europe, devenant le symbole d’une tragédie humaine à laquelle l’Europe ne peut pas trouver de réponse. Une question à l’origine de clivages, qui illustre les tensions entre les intérêts nationaux et la nécessité de la solidarité et du partage des responsabilités ».

Rappelant que les efforts pour parvenir à ce que plusieurs générations d’immigrés aient le sentiment de faire partie intégrante de nos sociétés n’ont pas toujours été couronnés de succès, il a insisté sur le fait que « c’est l’acceptation de la diversité par la société qui constitue le rempart le plus fort contre le pouvoir de la propagande extrémiste. Nous n’oublierons pas ce qui s’est passé à Utøya : la haine extrémiste qui a conduit à l’assassinat de tant de jeunes gens ».