12/10/2016 Session
« L’essentiel des progrès réalisés depuis quinze ans en Turquie l’ont été grâce au Conseil de l’Europe. Nous poursuivrons notre programme de réformes constitutionnelles et institutionnelles et continuerons à tenir compte des recommandations du Conseil », a déclaré Mevlüt Çavuşoğlu, ministre des Affaires étrangères de la Turquie.
« Notre pays a démontré sa capacité à se réformer », a-t-il rappelé, « en introduisant de nombreux mécanismes de protection des droits, en facilitant l’expansion des partis politiques, en ouvrant l’enseignement à d’autres langues que le turc, en multipliant les initiatives pour lutter contre les discriminations, en ratifiant la Charte sociale européenne révisée, en devenant Etat partie à toute une série de conventions et protocoles du Conseil de l’Europe, ce qui nous a permis de renforcer la démocratie et l’Etat de droit », a-t-il précisé. « En mettant en œuvre les recommandations de l’Assemblée parlementaire, nous avons pu ouvrir un certain nombre de chapitres de négociation avec l’Union européenne », a-t-il ajouté.
Il a également rendu hommage aux victimes de la tentative de coup d’état du 14-15 juillet et aux citoyens turcs « qui se sont mobilisés pour s’opposer aux putschistes ». « L’ensemble des partis politiques a fait bloc, majorité et opposition se sont élevées pour condamner la tentative de coup d’état et rappeler leur attachement à la démocratie » a-t-il souligné, ajoutant que l’état d’urgence avait été instauré dans le respect des dispositions constitutionnelles pour éliminer la menace qui pesait sur le pays, ses institutions et ses citoyens.
« Nous avons encore renforcé nos liens avec le Conseil de l’Europe, après l’échec du putsch. Mais la menace n’a pas disparu. Des mouvements terroristes souhaitent déstabiliser nos démocraties, remettre en cause nos valeurs. Nous ne pouvons tolérer que les terroristes prennent le contrôle de nos vies ».
Se référant à la crise migratoire, M. Çavuşoğlu a rappelé que la Turquie avait accueilli le plus grand nombre de réfugiés, 2,7 millions de personnes, qui ont fui les hostilités. « Nous faisons tout notre possible pour subvenir à leurs besoins et assurer un minimum de services, y compris d’éducation et de santé, mais il appartient à tous de se mobiliser et de partager le fardeau », a-t-il souligné.
« Nous espérons également d’ici la fin de l’année, parvenir à un accord au sujet de Chypre et à un statut de l’île, qui soit partagé par tous, et dans ce contexte, le Conseil de l’Europe doit jouer un rôle sans cesse plus important », a-t-il indiqué par ailleurs.
« Nous devons poursuivre nos efforts pour renforcer la paix et la stabilité sur notre continent », a-t-il insisté, en se déclarant en faveur de la tenue d’un futur sommet du Conseil de l’Europe. « Ensemble, nous pouvons trouver des solutions à nos problèmes communs, en nous inspirant de nos valeurs communes, et la Turquie continuera à jouer son rôle dans ce contexte », a conclu M. Çavuşoğlu.