16/11/2016 Culture, science, éducation et médias
De retour d’Istanbul et d’Ankara (Turquie) le 14 novembre 2016, Volodymyr Ariev (Ukraine, PPE/DC), rapporteur sur les « attaques contre les journalistes et la liberté des médias en Europe », a fait la déclaration suivante :
« Je me suis rendu à Ankara et à Istanbul dans le cadre de la préparation de mon rapport parce que la plupart des alertes lancées sur la plateforme du Conseil de l'Europe destinée à promouvoir la protection du journalisme et la sécurité des journalistes concernent la Turquie. Je sais gré au ministère de la Justice, à la Cour constitutionnelle et aux représentants des médias ainsi qu’au Rapporteur spécial de l’Onu sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, M. David Kaye, des réunions que nous avons eues.
Ayant eu connaissance des mauvaises conditions dans lesquelles plusieurs journalistes sont détenus, je suis très préoccupé par le grand nombre de journalistes détenus en raison de liens présumés avec des organisations terroristes et de la fermeture de nombreux médias depuis le 15 juillet 2016. Parallèlement, le contrôle judiciaire effectif de ces actes est rendu difficile, au niveau national, par le nombre très élevé de cas et par celui de juges et de procureurs récemment démis de leurs fonctions à la suite du coup d’Etat manqué, ainsi que par le fait que la Cour constitutionnelle turque ne peut examiner au fond les décrets de l’exécutif.
Compte tenu de la situation extrêmement difficile en Turquie après le coup d’Etat manqué et des menaces persistantes d’actes terroristes, du flux croissant de réfugiés et de la guerre menée en Syrie voisine, je ne peux qu’affirmer le caractère vital de la liberté des médias si la population doit avoir confiance dans les institutions démocratiques de la Turquie.
J’appelle en conséquence les autorités turques à libérer tous les journalistes qui n’ont pas été inculpés pour leur participation active dans des activités terroristes ».