06/12/2016 Egalité et non-discrimination
« Il y a en Europe, des formes de ‘néo-racisme’ qui se fondent sur de prétendues motivations culturelles. Mais le racisme traditionnel, qui fait référence à la couleur de la peau, n’a jamais disparu de nos sociétés », a déclaré Milena Santerini (Italie, SOC), coordinatrice de l’Alliance parlementaire contre la haine de l’APCE, en ouvrant à Paris une audition sur la violence et la discrimination basée sur l’origine ethnique.
Cécile Kyenge, membre du Parlement européen, co-présidente d’ARDI (Intergroupe Antiracisme et Diversité du Parlement européen) et Présidente du groupe de travail d’ARDI sur l’Afrophobie, a demandé aux participants qu’ils s’érigent en porte-paroles de la lutte contre l’afrophobie.
« Il est essentiel d’en parler, a--t-elle dit, car on assiste aujourd’hui dans nos sociétés à une banalisation de ce problème dans le but de relativiser son importance, sa gravité ». C’est dans le quotidien que le phénomène se manifeste le plus souvent, par l’enracinement de stéréotypes, estime Mme Kyenge. « En tant que noire et médecin, j’en ai été victime lrosque je cherchais à louer un appartement, et qu'en me voyant on me demandait ‘où était le médecin’ ; en tant que noire et ministre, quand on me demandait ‘pourquoi j'occupais une telle place’… ». Plus que jamais actuellement, le racisme à l’égard des personnes noires doit être reconnu et combattu. Il faut plus d’éducation, un effort de mémoire et une meilleure connaissance de l’histoire. Et il nous incombe à tous de nous y atteler », a conclu Mme Kyenge.
Momodou Malcolm Jallow, Vice-président du Réseau européen contre le racisme (ENAR), membre du Conseil municipal de Malmö (Suède) et Président du Mouvement Pan Africain pour la justice, s’est exprimé dans le même sens.
« Beaucoup affirment ignorer que ce problème existe réellement, ce qui empêche la mise en place de politiques adéquates et efficaces destinées à combattre ce problème », a-t-il souligné. C’est seulement en connaissant la réalité basée sur des données objectives que des politiques efficaces peuvent être mises en œuvre. En Europe, les personnes noires seraient discriminées dans l’accès à la santé, au logement et à l’emploi, et seraient souvent victimes de la répression policière ou des crimes de haine. « Pour combattre ce phénomène, il faut le reconnaitre, en parler et établir des politiques au niveau européen. Les 15 millions de noirs en Europe et leurs droits doivent être respectés », a-t-il rappelé.
Pham Huu Uyen, membre du Conseil pour les minorités nationales du gouvernement de la République tchèque, a dressé un tableau bien plus optimiste quant à la situation de la minorité vietnamienne en République tchèque, que l’on estime à environ 70 000 personnes. Après des années difficiles pour la génération arrivée avant les années 90 en Tchécoslovaquie, les nouvelles générations parviennent à une intégration optimale. « Le défi est aujourd’hui est pour ces personnes, d’être reconnues en tant que minorité nationale, car cette définition ne leur est pas actuellement reconnue dans la loi tchèque », a-t-il conclu.