24/01/2017 Session
L’APCE a exprimé sa préoccupation concernant de nombreux cas de menaces graves à la liberté des médias en Europe, recensés par la Plateforme pour la protection du journalisme et la sécurité des journalistes, créée en 2015 par le Conseil de l’Europe. Une résolution adoptée aujourd’hui par l’Assemblée, sur la base du rapport de Volodymyr Ariev (Ukraine, PPE/DC), signale le décès de 16 journalistes depuis janvier 2015, suite à des actes de violence dans les Etats membres.
L’APCE s’inquiète notamment de « la situation dramatique des médias et des journalistes en Turquie », et a appelé les autorités turques à « remettre en liberté tous les journalistes détenus qui n'ont pas été inculpés pour participation active à des actes de terrorisme », et à « revoir les décrets d'urgence » pour autant qu'ils ordonnent la saisie de sociétés de médias et permettent l'arrestation d’écrivains et membres du personnel des médias.
Les parlementaires ont souligné que la situation est également préoccupante en Fédération de Russie, dans la péninsule de la Crimée occupée par la Russie, et dans l’Est de l’Ukraine, et ont exprimé une nouvelle fois leur préoccupation face aux mesures de représailles visant des médias en Azerbaïdjan, déplorant notamment l’utilisation de lois pénales à l’encontre de journalistes et de blogueurs.
L’Assemblée déplore aussi que de la liberté des médias soit absente de territoires des Etats membres qui sont de fait contrôlés par des régimes séparatistes, notamment le Haut-Karabakh en Azerbaïdjan, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud en Géorgie, et la Transnistrie en République de Moldova.
Les parlementaires se sont également penchés sur la situation des médias en Hongrie, en Pologne, en Géorgie et au Bélarus.
Par ailleurs, l’APCE a rappelé que l'indépendance des radiodiffuseurs publics vis-à-vis des gouvernements devait être garantie, soulignant que « les gouvernements et les parlements ne devaient pas interférer dans l’administration et le travail éditorial des radiodiffuseurs », qui devraient définir des codes internes de conduite des journalistes et d’indépendance éditoriale vis-à-vis des influences politiques.
Enfin, l'Assemblée a recommandé au Comité des Ministres d’allouer des ressources suffisantes au fonctionnement de la Plateforme, permettant un suivi ciblé des alertes.