11/05/2017 Questions politiques et démocratie
« En tant que rapporteur de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) sur la transition politique en Tunisie, j’ai été surpris, comme tous les Tunisiens, de la démission de Chafik Sarsar, Président de l’Instance Supérieure Indépendante Electorale (ISIE), ainsi que de celles du Vice-Président, Mourad Moualhi et de Lamia Zargouni », a déclaré aujourd’hui George Loucaides, (Chypre, GUE).
« M. Sarsar, que j’ai rencontré lors de ma mission à Tunis au mois de mars dernier, a su faire de l’ISIE une instance unanimement respectée, disposant de moyens adaptés à ses missions et saluée pour son professionnalisme. Ce développement surprenant me conduit à rappeler les termes du §7 du projet de résolution adopté le mois dernier par la Commission des questions politiques de l’APCE, par lesquels « l’Assemblée appelle les autorités tunisiennes à donner toute leur place tant aux instances constitutionnelles indépendantes qu’aux instances nationales établies par la loi », et « à garantir leur indépendance ». La capacité des instances à travailler de manière transparente et impartiale est, à cet égard, primordiale », a-t-il ajouté.
« Par ailleurs, si je suis convaincu que la réconciliation nationale est une nécessité, je pense également, comme l’a indiqué la commission, que cette réconciliation ne doit pas se faire au détriment de la justice et déboucher sur un sentiment d’impunité. À cet égard, dans la mesure où mes collègues parlementaires tunisiens le jugeraient pertinent et sage, l’Assemblée des Représentants du Peuple serait tout à fait fondée à solliciter la Commission de Venise pour recueillir son avis sur la nouvelle version du projet de loi relatif à la réconciliation économique et financière, la Commission de Venise en ayant déjà rendu un sur la version initiale du texte », a-t-il souligné.
« Pour ma part, je continuerai à suivre ces questions avec attention », a conclu M. Loucaides.