18/10/2018 Questions sociales, santé et développement durable
Les enfants sont particulièrement vulnérables aux abus sexuels dans le domaine du sport et les Parlements devraient donc intensifier leurs efforts afin de mieux protéger les enfants concernés. En partant de ce constat, et dans le cadre de 4ème Journée européenne pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, qui sera marquée le 18 novembre, les participants à une réunion organisée à Tbilissi, les 17 et 18 octobre, par la Sous-Commission de l’éducation, de la jeunesse et du sport et par la Sous-Commission sur les enfants, ont évoqué un plan d’action comprenant dix actions clés pour combattre ce phénomène :
1. Le déploiement et l’amélioration de la législation et des cadres de protection existants relatifs à la violence sexuelle à l´encontre des enfants, en mettant l'accent sur l'intérêt supérieur de l’enfant. Ceci suppose la fixation de normes minimum et l´adoption de mesures de prévention par les institutions sportives et leur responsabilité juridique dans l´hypothèse où ces normes ne seraient pas respectées (y compris l’obligation de rendre des comptes), l´accès pour les enfants de tous les âges à des conseils juridiques gratuits, la protection des personnes dénonçant les faits ainsi que des procédures de recrutement et de formation appropriées pour les personnes s’occupant d’enfants et des mesures adaptées de transparence et de responsabilité.
2. La garantie que la législation et les cadres nationaux et internationaux soient convertis en actions au niveau local, par le biais d´un suivi quant à leur mise en œuvre. La sensibilisation des parlementaires aux conventions et cadres existants, y compris la Convention des Nations Unies sur les droits de l´enfant, les Objectifs de développement durable des Nations Unies, la Convention du Conseil de l'Europe sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels (« la Convention de Lanzarote ») et la Stratégie sur les droits de l´enfant du Conseil de l´Europe.
3. La promotion de formations pour les professionnels et les volontaires en contact avec les enfants y compris pour les entraîneurs, les professionnels de santé et de l’éducation ainsi que pour les conseillers-confidents, formations ayant pour thème la prévention et la réponse à la violence sexuelle et portant notamment sur l’identification des signes d’abus et la nature des actions à mener.
4. La garantie que la réponse à la violence sexuelle à l’encontre des enfants dans le domaine du sport fasse partie du mandat des organisations sportives concernées, y compris les institutions au plus haut niveau, telles que les équipes olympiques, et les institutions locales, comme par exemple, les clubs, les écoles et les associations et que ce mandat soit transcrit dans les différents codes de conduite, règlements et règlementations y compris l’interdiction pour les entraîneurs d’avoir des relations sexuelles avec leurs élèves. L’existence de telles mesures devrait faire partie des critères permettant de recevoir des subventions de l’Etat à tous les niveaux.
5. La conclusion d’alliances avec les acteurs clés dans le domaine du sport (y compris les organisations syndicales et la société civile) en vue de disposer de conseils en matière de stratégies, de lois, de lignes directrices et de pratiques. Un soutien en ce qui concerne l’établissement le renforcement du rôle du médiateur pour enfants et l’élaboration et le renforcement des mécanismes visant à rendre des comptes aux Parlements.
6. Un soutien à l’éducation à la sexualité à l’école, dès le plus jeune âge, et à l’apprentissage tout au long de la vie, y compris au développement de relations respectueuses et aux conseils pratiques sur la façon de se protéger à l’égard de la violence sexuelle.
7. La sensibilisation du grand public au niveau national et local à la violence sexuelle à l’encontre des enfants dans le domaine du sport. La délivrance de lignes directrices sur la façon dont répondre aux préoccupations par le biais d’informations dispensées dans les écoles, dans les clubs, via les médias, par le biais du matériel adapté aux enfants, ainsi que la promotion d’une culture d’ouverture dans toutes les institutions en vue de garantir que les enfants ne souffrent pas en silence.
8. L’implication des survivants, victimes d’abus sexuels, dans la promotion des droits de l’enfant et dans l’élaboration de la législation, des bonnes pratiques et du système de suivi tout en s’assurant que leur intégrité et leur bien-être ne soient pas menacés.
9. L’ajustement des politiques et pratiques à la recherche en ce qui concerne les abus sexuels à l’encontre des enfants et un soutien en matière de bonnes pratiques ainsi qu’un suivi en matière d’efficacité.
10. Un soutien quant à la coopération au niveau national, régional, européen et international en ce qui concerne les abus sexuels à l’encontre des enfants dans le domaine du sport. A cet égard, la promotion des documentations, vidéos, posters etc. conçus par le Conseil de l’Europe dans le cadre de la campagne « Start To Talk », et la participation à des événements de sensibilisation autour de la Journée européenne de la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels.
Le plan d’action constitue la contribution parlementaire à la campagne du Conseil de l’Europe “Start To Talk” en vue de la 4me Journée européenne pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels.