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La Présidente de l’APCE revient sur le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme

 Le 10 décembre 1948, les 58 Etats membres qui constituaient alors l’Assemblée Générale des Nations Unies ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH). Cette déclaration a inspiré de nombreux instruments juridiques fondamentaux en matière de droits humains y compris la Convention européenne des droits de l’homme.

La DUDH réunit en un texte unique les droits humains en matière de libertés individuelles et politiques ainsi que les droits économiques, sociaux et culturels. Avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adoptés par l’Assemblée générale le 16 décembre 1966, elle forme trois éléments constitutifs de la « Charte internationale des droits de l’homme ».

Alors que nous célébrons le 70ème anniversaire de la DUDH, rappelons-nous que les droits humains ne sont jamais acquis et que notre devoir est d’œuvrer en permanence à les affirmer, les enrichir et les développer. Dans ce contexte, au nom de l’Assemblée parlementaire, j’aimerais initier une réflexion sur 3 points :

Premièrement, ne serait-ce pas enfin le moment de revenir sur la division artificielle des droits humains en « droits civils et politiques » d’un côté et « droits économiques, sociaux et culturels » de l’autre ? Souvenons-nous que la DUDH ne connaissait pas cette séparation. Nous savons bien que même les plus belles libertés n’ont d’intérêt que pour celles et ceux qui disposent d’un minimum de ressources pour s’en servir. En même temps, la violation de droits civils, tel que celui de ne pas être mis à mort, torturé, ou emprisonné de manière arbitraire, ne peut jamais être justifiée par un manque de moyens de l’Etat.

Deuxièmement, rappelons-nous du principe de base de la Charte internationale des droits de l’homme, qui dit que « la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ». Nous devons malheureusement constater que les principes d’égalité, d’universalité et d’indivisibilité sont à nouveau remis en question. La condition des femmes reste inacceptable dans de nombreux pays. Les minorités – ethniques, sexuelles, religieuses – souffrent toujours de discriminations et de persécutions. Les défenseurs des droits humains, les journalistes sont menacés, l’espace accordé à la société civile se rétrécit dans de nombreux pays.

Enfin, troisièmement, de nouveaux défis se profilent. Les nouvelles technologies en matière de communication, d’intelligence artificielle, de génétique ouvrent de nouvelles perspectives de prospérité et de développement, mais constituent aussi des menaces, par exemple pour le respect de la vie privée, de l’égalité, du droit au travail et de la dignité humaine.

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe continuera à travailler sur ces pistes de réflexion et à relever les défis qui se profilent devant elle, afin de contribuer aux grands débats politiques qui s’annoncent, tout en se laissant guider par la DUDH !