22/09/2020 Questions sociales, santé et développement durable
« Le monde du travail va être de plus en plus exposé à la diffusion des technologies d’intelligence artificielle (IA), avec notamment le risque que le nombre d’humains remplacés dans leur emploi par l’IA soit supérieur au nombre d’emplois qu’elle crée », s’inquiète la Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable, réunie aujourd’hui par vidéoconférence.
Soulignant l’impact potentiel de l’IA sur les possibilités pour les travailleurs d’accéder au marché du travail, les parlementaires ont pointé le risque que l’IA « perturbe le marché du travail, fragmente la vie professionnelle et exacerbe les inégalités socio-économiques ». Par ailleurs, la commission a exprimé sa préoccupation quant au fait que l’IA soit déployée à grande échelle sans tenir les utilisateurs suffisamment informés, ni leur donner la possibilité de contester les décisions les affectant dans leur emploi, prises sur la base de décisions algorithmiques.
En adoptant le rapport de Stefan Schennach (Autriche, SOC) sur cette question, la commission a appelé les Etats membres à élaborer des stratégies nationales pour une utilisation responsable de l’IA portant notamment sur « les problèmes qui se posent pour les marchés du travail, le droit du travail et le développement des compétences ».
Selon la commission, l’Etat devrait participer aux développements d’algorithmes et les contrôler pour garantir que les développeurs d’IA respectent pleinement les normes juridiques en vigueur dans le cadre de l’emploi, afin d’éviter une emprise régulatrice de la part de grandes entreprises d’IA.
Le texte adopté recommande également de réfléchir à la nécessité d’une « innovation sociale » pour accompagner la diffusion des technologies d’IA sur les marchés du travail en étudiant la possibilité de garantir un revenu minimum permanent dans le cadre d’un nouveau contrat social entre les citoyens et l’État », et « les possibilités de taxes dites ‘sociales’, sur le modèle de la ‘taxe robot’ et des taxes carbone », afin d’atténuer l’incidence négative de l’automatisation sur les travailleurs humains.
Les parlementaires ont proposé de mettre en place une « éducation à l’IA » par des programmes d’éducation au numérique pour les jeunes et des parcours de formation tout au long de la vie pour tous.
Enfin, la commission a préconisé que le Comité des Ministres prépare un instrument juridique européen complet sur l’IA qui couvrirait aussi le besoin d’une protection renforcée des droits sociaux liées au travail.