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Journée internationale de la fille : les rapporteures appellent les parlements à lutter contre 'un recul naissant des droits des femmes et des filles'

Droits des filles
©Shutterstock

Béatrice Fresko-Rolfo (Monaco, ALDE), rapporteure générale de l’APCE sur la violence à l’égard des femmes, et Baroness Doreen Massey (Royaume-Uni, SOC), rapporteure sur la lutte contre la violence sexuelle à l’égard des enfants, ont publié la déclaration suivante à l’occasion de la Journée internationale de la fille (11 octobre) :

« Vingt-cinq ans après la Déclaration et le Programme d’action de Beijing des Nations Unies et leur feuille de route pour « faire progresser les objectifs d’égalité, de développement et de paix pour toutes les femmes dans le monde entier », les filles et les jeunes femmes souffrent toujours d’inégalités systématiques dans tous les aspects de la vie. Les mariages d’enfants sont en hausse en Europe, les mutilations génitales féminines existent toujours, et les droits sexuels et reproductifs sont régulièrement bafoués.

Ces dernières années, l’Assemblée a adopté plusieurs recommandations aux États membres sur la façon dont ils devraient lutter contre les violations des droits des femmes et des jeunes filles, tandis que la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (la Convention d’Istanbul) - inspirée et activement soutenue par l’Assemblée - est devenue une référence en matière de défense des femmes et des filles contre la violence.

Cependant, les inégalités d’accès à l’éducation et à l’emploi continuent de gâcher la vie des filles et des jeunes femmes, à l’instar des situations de crise et de conflit. La pandémie de la Covid-19 n’a fait qu’empirer leur sort, avec l’augmentation de la violence domestique, des responsabilités familiales et de la charge domestique. On estime qu’en mars 2020 la majorité de la population étudiante mondiale n’était pas à l’école ou à l’université, tandis que même avant la pandémie, deux tiers des jeunes sans emploi, sans éducation ou sans formation dans le monde étaient des jeunes femmes.

Cette année, le thème de la Journée est « Ma voix, l’égalité pour notre avenir ». Il s’inscrit dans l’optique de donner aux adolescentes la possibilité de faire entendre leur voix et d’affirmer leur capacité à faire bouger les lignes et à se construire un avenir. Dans une résolution adoptée en 2009, l’Assemblée a insisté sur le fait que l’accès à l’éducation dès le plus jeune âge et la création d’un environnement sûr pour l’épanouissement des filles étaient des priorités absolues. L’Assemblée s’emploie actuellement à intégrer la voix des enfants dans ses travaux et à promouvoir une participation des enfants constructive au sein des parlements et des gouvernements nationaux à tous les niveaux. Les rapporteures soulignent la nécessité d’inclure les filles et les garçons dans toutes les politiques et actions.

Nous demandons à tous les parlements de lutter contre le recul des droits des filles et des femmes qui se dessine dans de nombreux domaines et de nombreux pays, en particulier dans le cadre des tensions et des conflits actuels, mais aussi dans le contexte de la crise sanitaire mondiale. Nous avons les structures, nous avons les outils, nous connaissons les problèmes – doivent suivre des politiques audacieuses et des actions efficaces ».