12/10/2020 Commission permanente
Le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, a appelé les nations à ne pas interrompre trop tôt les mesures de relance économique supplémentaires prises pendant la période de la pandémie de COVID.
Lors d’un échange de vues par téléconférence avec des membres de la Commission permanente « élargie » de l’Assemblée parlementaire, le responsable de l’OCDE a déclaré que la COVID-19 avait déclenché « la pire crise sociale et économique de notre vie », le PIB mondial devant chuter de 4,5 % cette année.
Il a appelé à « l'assouplissement monétaire, l'assouplissement fiscal et à un changement structurel » pour faire face à la pandémie, mais a déclaré que les nations ne devraient pas « faire la même erreur » que lors de la crise économique de 2008-2009, en mettant fin trop tôt aux mesures de relance.
Il a également appelé instamment les nations riches à ne pas oublier l'aide à l'étranger pour les pays plus pauvres : « Nous avons jeté des milliards et des milliards - 11 ou 12 milliards - dans la COVID, et vous pouvez imaginer que même une petite fraction de cela ferait beaucoup de bien aux économies émergentes ».
La reprise post-COVID, a-t-il déclaré, signifierait « reconstruire en mieux et plus vert », restructurer des secteurs de l’économie, stimuler l’efficacité énergétique, restaurer les écosystèmes et créer une agriculture durable. « Nous avons une énorme responsabilité intergénérationnelle de protéger et de préserver notre planète pour nos enfants et petits-enfants », a-t-il souligné.
« Nous n'avons pas encore fait nos devoirs » en matière de changement climatique et de biodiversité, a déclaré M. Gurria, ajoutant que seule une action mondiale conviendrait : « Nous ne pouvons changer de cap que si nous agissons ensemble. Exploitons donc le pouvoir de transformation de l'action collective pour élaborer de meilleures politiques pour des vies meilleures ».
Saluant les travaux de l’APCE sur l'intelligence artificielle, le Secrétaire général a également mis en avant un ensemble de principes élaborés par l'OCDE - puis le G20 - pour garantir que les systèmes d'intelligence artificielle soient conçus dans le respect de l'Etat de droit, des droits de l'homme, des valeurs démocratiques et de la diversité. La COVID a accéléré une transformation numérique déjà rapide, a-t-il souligné, et l'intelligence artificielle a joué un rôle clé dans presque tous les aspects de la crise : « Tant de promesses, mais aussi tant d'inconnues ».
Le Secrétaire général a également salué les « progrès considérables » réalisés en matière d'échange automatique d'informations fiscales, soulignant que quelque 84 millions de comptes offshore, d'une valeur d'environ 10 000 milliards d'euros, avaient été rendus transparents grâce au transfert aux autorités fiscales nationales des noms et des détails des comptes de leurs citoyens.
En conclusion, M. Gurria a déclaré que les parlementaires et les décideurs politiques avaient la responsabilité de « façonner le monde post-COVID d'une manière qui soit plus inclusive, plus verte et plus résiliente ».