Logo Assembly Logo Hemicycle

« Pour vivre ensemble pacifiquement dans l'Europe d'aujourd'hui, nous devons utiliser l'État de droit pour lutter contre la haine et protéger les libertés fondamentales »

« L'horrible assassinat du professeur français Samuel Paty dans la banlieue de Paris, actuellement sous enquête en tant qu’acte terroriste, est non seulement un crime abominable, mais aussi une attaque contre la liberté d'expression et le vivre ensemble pacifique, en France et dans toute l'Europe », a déclaré Momodou Malcolm Jallow (Suède, GUE), Rapporteur Général sur la lutte contre le racisme et l'intolérance de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).

« Je me joins à la Secrétaire Générale du Conseil de l'Europe, au Président de l'Assemblée Parlementaire et à d'autres responsables pour condamner cet acte odieux et exprimer ma sympathie la plus profonde et ma solidarité avec la famille de la victime et le peuple français. Je tiens également à exprimer mon soutien aux enseignant·e·s et au personnel de l'éducation partout dans le monde. L'école est le lieu où les enfants apprennent à la fois à acquérir des connaissances et à évaluer les informations de manière critique. L'enseignement de l'histoire, y compris de l'histoire récente, joue un rôle important, offrant des possibilités de réflexion sur le passé et son influence sur le présent. Les écoles doivent être un lieu sûr pour les élèves comme pour les enseignants, et ces derniers ne devraient jamais avoir peur d'enseigner », a-t-il ajouté.

« L'attentat meurtrier du 16 octobre montre que les discours de haine sur les médias sociaux, visant un enseignant qui avait exercé sa liberté d'expression dans sa profession, peuvent conduire à des actes horribles, y compris le meurtre d'une personne. L'Assemblée a déjà exhorté les États membres à combattre ce fléau dans sa Résolution 2144 (2017) sur 'Mettre fin à la cyberdiscrimination et aux propos haineux en ligne' ; cet appel est aujourd'hui plus urgent que jamais.

Alors que les autorités françaises s'apprêtent à réagir avec détermination à cette menace extraordinaire, il est de notre devoir de rappeler que la lutte contre le terrorisme doit être menée dans les limites d'un État de droit et des normes internationales solides en matière de droits humains. Cela signifie également que la réaction doit être proportionnée et ne doit pas exacerber les tensions : la lutte contre la criminalité est absolument nécessaire, pour la sûreté et la sécurité de toutes et tous, mais elle ne doit pas servir à creuser un fossé entre les citoyen·ne·s.

Nous devons soutenir tous les appels à l'unité, en nous rappelant les mots de Jo Cox : ce qui nous unit est bien plus important que ce qui nous sépare. L'unité implique également que les mesures prises pour lutter contre le terrorisme ne doivent jamais cibler ou blâmer un groupe, en l'occurrence la communauté musulmane, pour les fautes d’individus qui en font partie. Cette attitude est stigmatisante, peut déclencher une augmentation de l'islamophobie ou d'autres formes d'intolérance, et diviserait en effet une nation au moment précis où elle doit unir ses forces contre la menace du terrorisme », M. Jallow a conclu.