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Mettre fin à la violence à l'égard des femmes : les leçons que nous pouvons tirer de la pandémie

Covid-19 - Femme violence
©Shutterstock

Déclaration conjointe du Président de l'APCE, Rik Daems, et de Zita Gurmai (Hongrie, SOC), rapporteure générale de l'APCE sur la violence à l'égard des femmes, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes (25 novembre) :

« La violence à l'égard des femmes reste largement répandue. Chaque jour, 137 femmes en moyenne dans le monde sont tuées par un partenaire ou un membre de la famille, et les femmes représentent 64% du total des homicides commis par un partenaire ou un membre de la famille. Le confinement et les autres mesures prises pour contenir la pandémie de COVID-19 ont entraîné une énorme explosion des violences, certains pays indiquant une augmentation d'un tiers des abus.

Mais il y a eu quelques signes positifs. Le mouvement #MeToo a contribué au signalement des auteurs de ces actes et à donner aux femmes le courage de dénoncer la violence. Des initiatives nationales et locales ont contribué à l'autonomisation des femmes et les ont encouragées à prendre leur vie et leur destin en main. La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (la Convention d’Istanbul) a suscité et encouragé des changements dans la législation et renforcé la protection de milliers de femmes et de filles ».

« Malgré des progrès positifs, malgré la visibilité donnée à cette question, malgré toutes les dénonciations publiques, la violence continue – et la crise mondiale de santé publique que nous traversons a confiné les femmes et les filles dans des foyers violents. Nous n'aurions pas imaginé cela, ici en Europe aujourd'hui, mais c'est la triste vérité, et nous devons agir. Les autorités doivent intensifier leur action et leur financement des services d'assistance, augmenter les capacités d'hébergement et redoubler d'efforts en matière de prévention. Des leçons doivent être tirées de la première vague de la pandémie. Il n’y a pas de temps à perdre », a souligné Zita Gurmai.

Le Président de l'APCE, Rik Daems, a ajouté qu'une plus grande pression devait être exercée sur les autorités nationales pour protéger les femmes et les filles et poursuivre les auteurs. « La plupart des violences fondées sur le genre sont commises par des hommes contre des femmes, et la violence à l’égard des femmes est profondément ancrée dans l'inégalité de genre. La COVID-19 a montré que dans les espaces privés et confinés, il y avait une augmentation significative de la violence, parce que les hommes pensent qu'ils resteront impunis, que leurs actes passeront inaperçus. Un véritable changement vers l’égalité commence par mettre un terme à la violation la plus flagrante des droits humains des femmes : la violence à l’égard des femmes. Les hommes et les femmes sont tous deux des acteurs du changement. J’appelle aujourd'hui les hommes à apporter ce changement, maintenant ».